À l’issue de la 24ᵉ Assemblée générale ordinaire de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC), tenue fin mars 2026, Ismaël Nabé, ministre du Développement, a été désigné pour assurer, la présidence du Conseil des Gouverneurs, pour une durée de 12 mois. Une nomination qui renforce le positionnement du pays, au cœur des mécanismes de financement du développement en Afrique de l’Ouest.
La République de Guinée, représentée par Ismaël Nabé, assure désormais la présidence du Conseil des Gouverneurs de la BIDC, organe suprême de décision de l’institution sous-régionale. Cette instance regroupe les ministres en charge des finances et du développement des États membres de la CEDEAO, et définit les grandes orientations stratégiques, financières et opérationnelles de la Banque.
Dans l’exercice de ses fonctions, Ismaël Nabé aura pour mission de coordonner les politiques d’intervention de la BIDC, de superviser les réformes institutionnelles en cours et de valider les stratégies de mobilisation de ressources destinées à financer les projets structurants dans la région. Cette position confère à la Guinée un rôle clé dans l’orientation des priorités d’investissement en Afrique de l’Ouest.
Cette dynamique se traduit déjà par des engagements financiers significatifs en faveur de la Guinée, avec plus de 205 millions USD mobilisés récemment. Ces financements concernent notamment la construction de trois microcentrales hydroélectriques (Poukou, Bolokoun et Biwbaw), pour un montant d’environ 95 millions d’euros, visant à renforcer l’offre énergétique nationale et soutenir l’industrialisation. Par ailleurs, 28 millions d’euros sont alloués à la modernisation de quatre lycées agricoles, dans une logique de transformation du capital humain et de soutien à la productivité du secteur primaire.
À ces investissements s’ajoutent une ligne de crédit de 40 millions USD destinée au secteur privé, ainsi que le financement de 21,808 millions USD de l’Observatoire national du développement, traduisant une volonté d’aligner les interventions de la Banque avec les priorités nationales, notamment la vision stratégique « Simandou 2040 ».
Au-delà des retombées financières, cette présidence constitue un levier diplomatique et économique majeur pour la Guinée. Elle renforce la crédibilité du pays auprès des partenaires techniques et financiers et lui permet de peser davantage dans les décisions relatives à l’intégration économique régionale et au financement du développement.
Dans son allocution, Ismaël Nabé a souligné la portée stratégique de cette responsabilité :
« Cette présidence ne constitue pas seulement une responsabilité institutionnelle ; elle représente une opportunité majeure pour repenser le rôle des banques régionales de développement. Notre ambition est de mobiliser davantage de capitaux à grande échelle, d’accélérer les transformations structurelles et de faire de l’Afrique de l’Ouest un espace d’investissements intégrés, compétitifs et souverains. »
À travers cette nomination, la Guinée confirme sa volonté de jouer un rôle de premier plan dans la redéfinition des mécanismes de financement du développement régional, tout en consolidant les bases de sa propre transformation économique.






























