Le président de la République de Guinée Mamadi Doumbouya, a présidé, le 15 avril 2026, au stade Petit Sory de Nongo, la cérémonie officielle marquant la Journée internationale des droits des femmes.
Représentant plus de la moitié de la population nationale, les femmes guinéennes constituent un pilier stratégique de l’économie. Actives dans l’ensemble des secteurs, elles jouent un rôle déterminant, en particulier dans le secteur informel, qui demeure un levier essentiel de l’activité économique. Toutefois, la question du respect effectif de leurs droits reste posée. Selon l’OPROGEM, près de 112 cas de viol ont été enregistrés en 2025. Bien que ces chiffres affichent une tendance à la baisse, ils traduisent la persistance de défis structurels en matière de protection.
Placée sous le thème « Assurer l’accès à la justice pour toutes les femmes et toutes les filles de Guinée », cette édition 2026 a mobilisé des milliers de participantes dans une dynamique d’engagement collectif en faveur de l’effectivité des droits.

Au-delà de son caractère commémoratif, l’événement s’est imposé comme un espace d’expression et de plaidoyer, appelant à une accélération des réformes structurelles et à une mobilisation accrue autour des enjeux liés aux droits des femmes, dans la perspective d’une amélioration tangible de leurs conditions de vie. Cette mobilisation a également consacré une orientation claire des autorités : faire de l’accès à la justice et de la protection des droits des femmes un axe central du processus de refondation de l’État.

Lors de son intervention, la ministre de la Femme, Patricia Adéline Lamah a mis en avant les avancées enregistrées, tout en soulignant les insuffisances persistantes : « La Guinée dispose aujourd’hui de cadres importants notamment la politique nationale du genre, la stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre, les guichets uniques de prise en charge … l’instauration d’un quota de 30 % de femmes dans les instances de décision constitue également une avancée significative. Mais, il existe encore des écarts entre les textes et la réalité et c’est sur ces écarts que nous devons agir, parce que l’accès à la justice doit devenir une réalité pour chaque femme, dans chaque localité de notre pays.

Dans son discours, Adama Denise Diaby, la porte-parole du Conseil national des femmes et filles de Guinée, a souligné qu’il faut transformer la majorité démographique des femmes en puissance économique : « En matière d’éducation, les inégalités existent encore, sur le plan de l’emploi, les femmes restent moins actives que les hommes, concernant les violences basées sur le genre, la situation demeure préoccupante, face à cela, il faut défendre et promouvoir les droits des femmes et des filles en transformant notre majorité démographique en puissance économique, en influence sociale et en leadership politique ».































