L’Afrique pourrait être à l’aube d’une recomposition de la carte mondiale du minerai de fer. Après le projet Simandou en Guinée, longtemps présenté comme l’un des plus ambitieux du continent, la République démocratique du Congo (RDC) avance les premiers jalons d’un nouveau projet d’envergure : les mines de fer de la Grande orientale (MIFOR).
Présenté lors de la 74ᵉ réunion du Conseil des ministres du 10 janvier 2025, le projet MIFOR vise à structurer, pour la première fois à l’échelle industrielle, la valorisation du potentiel ferrifère de l’est de la RDC. Selon le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, les réserves se situeraient entre 15 et 20 milliards de tonnes, avec une teneur moyenne supérieure à 60 %. La phase initiale table sur une production d’environ 50 millions de tonnes par an, appelée à monter progressivement jusqu’à 300 millions de tonnes. Le projet intègre également des unités de transformation industrielle et un corridor logistique multimodal reliant rail lourd, transport fluvial sur le fleuve Congo et port en eaux profondes de Banana.
Sur le plan économique, les études du ministère des Mines évaluent l’investissement initial de la première phase à 28,9 milliards de dollars. Sur un horizon de 25 ans, le modèle anticipe un chiffre d’affaires cumulé supérieur à 679 milliards USD et un cash-flow net de plus de 308 milliards USD, suggérant une rentabilité élevée à long terme.
L’émergence de MIFOR s’inscrit dans une dynamique continentale illustrée par le projet Simandou en Guinée, dont la capacité cible atteint 120 millions de tonnes par an après des investissements dépassant 20 milliards de dollars, intégrant mine, rail et port. Dans les deux cas, la maîtrise des infrastructures constitue un facteur clé de succès.
À terme, l’entrée de la RDC aux côtés de la Guinée et de l’Afrique du Sud pourrait redessiner l’équilibre du marché africain du minerai de fer. Toutefois, il faut préciser que MIFOR n’a pas encore franchi le seuil des engagements formels.






























