Les pays africains ont remboursé à la Chine plus qu’ils n’ont reçu en nouveaux prêts entre 2020 et 2024, selon le rapport de ONE Data publié le 27 janvier, marquant un basculement historique dans la relation financière sino-africaine.
Sur la période, l’Afrique est passée d’un afflux net de 30 milliards USD (2015-2019) à une sortie nette de 22 milliards USD, conséquence de la baisse des nouveaux crédits chinois, longtemps orientés vers les infrastructures comme les chemins de fer, les ports ou les barrages, tandis que le service de la dette est resté élevé.
Cette situation s’explique par les prêts antérieurs, souvent accordés sur 10 à 20 ans, dont les échéances continuent de peser sur les budgets nationaux. Comme le souligne David McNair, directeur exécutif de ONE Data : « Le fait que les prêts entrants diminuent, tandis que les prêts antérieurs de la Chine doivent encore être remboursés, explique ces sorties de capitaux ».
Parallèlement, les institutions multilatérales ont accru leur rôle, avec des financements nets en hausse de 124 % sur dix ans, représentant 56 % des flux nets mondiaux, soit 379 milliards USD entre 2020 et 2024. Ce basculement traduit moins une autonomie financière africaine qu’un rééquilibrage des sources de financement et une diversification des créanciers.
Dans ce contexte, il devient crucial pour le continent d’explorer et de renforcer ses propres mécanismes de financement à grande échelle, via des marchés régionaux plus solides, des banques de développement mieux capitalisées ou des instruments d’épargne longue mobilisable, afin de réduire sa dépendance aux bailleurs externes. Cette nécessité est d’autant plus pressante que l’aide publique internationale se contracte, comme l’illustre la suspension récente des financements de l’USAID






























