Face à la domination chinoise sur les chaînes mondiales des minéraux critiques, les États-Unis accélèrent leur riposte stratégique. À l’issue de la réunion ministérielle tenue à Washington le 4 février, le vice-président américain JD Vance a évoqué la création d’une zone de commerce dédiée aux métaux critiques, en partenariat avec des alliés tels que l’Union européenne, le Japon et le Mexique.
Par Nanfadima Condé
La Chine contrôle près de 70 % de l’extraction mondiale des terres rares et environ 90 % de leur raffinage, tout en fournissant plus de 60 % des importations américaines en minéraux critiques. Une position assimilable à un quasi-monopole, que Pékin n’hésite plus à utiliser comme levier économique et géopolitique, notamment après avoir restreint l’an dernier certaines exportations vers les États-Unis.
Face à cette influence chinoise, Washington accélère sa stratégie. JD Vance a évoqué une collaboration avec les alliés pour garantir un approvisionnement stable en minéraux critiques, à travers notamment la création d’une zone de commerce. Selon Bloomberg également, la création d’une réserve stratégique de terres rares de 12 milliards USD, financée en partie par l’Exim Bank, est en cours et devrait renforcer la sécurité des approvisionnements.
De même, JD Vance dénonce « l’afflux de marchandises bon marché » sur les marchés américains, pointant les externalités négatives de cette domination comme l’éviction des producteurs locaux, la dépendance industrielle accrue et la perte de souveraineté technologique. Il ajoute que des prix artificiellement bas finissent par provoquer une hausse « totalement injuste » une fois les concurrents éliminés.
Les États-Unis réussiront-ils à briser ce quasi-monopole et sécuriser leurs chaînes de valeur ?
Pour l’Afrique, la séquence tombe à point : plusieurs pays ont amorcé la transformation locale et la captation de valeur ajoutée. La Guinée avec l’alumine, la RDC sur le cuivre et le cobalt, le Zimbabwe sur le lithium.
Mais à l’image de la doctrine défendue par JD Vance, la question centrale n’est plus seulement l’extraction ou la transformation, mais la maîtrise stratégique des chaînes de valeur. Il s’agit désormais pour les États africains de se coordonner, de sécuriser des clauses de valeur ajoutée, de renforcer leur pouvoir de négociation et d’imposer des partenariats industriels de long terme, intégrant le raffinage, la technologie et le transfert de compétences.
L’avenir minier du continent se joue désormais dans sa capacité à imposer ses règles, avant que la nouvelle ruée mondiale ne laisse, une fois encore, plus de dépendances que de développement.






























