En mai 2025, l’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est chiffré en moyenne à 127,7 points, soit un recul de 0,8 % par rapport au mois d’avril. Les prix des produits laitiers et de la viande ont augmenté. Toutefois, cette hausse a été modérée par une baisse des prix des céréales, du sucre et des huiles végétales.
Les prix des céréales ont baissé en mai par rapport au mois précèdent
Les céréales sous pression
L’indice FAO des prix des céréales a atteint 109,0 points en mai, soit une baisse de 1,8 % par rapport à avril et de 8,2 % en glissement annuel. La chute des prix mondiaux du maïs a été alimentée par une forte concurrence internationale et des disponibilités croissantes en provenance d’Argentine et du Brésil, où les récoltes étaient en avance. Les prévisions d’une récolte record aux États-Unis ont accentué cette tendance. Le blé a aussi vu ses prix baisser modérément, en raison d’une demande mondiale atone et d’un climat plus favorable dans l’hémisphère Nord. Seul le riz a progressé (+1,4 %), tiré par la demande de variétés parfumées et la hausse des prix du riz Indica.
Les cours des huiles végétales ont baissé de 3,7 % en mai
Les huiles végétales se sont établies en moyenne à 152,2 points en mai soit une baisse 5,8 points (3,7 %) par rapport à avril, mais reste supérieur de 19,1 % à son niveau enregistré un an auparavant. La poursuite de la baisse de l’indice est imputable au fléchissement des prix des huiles de palme, de colza, de soja et de tournesol. Les cours internationaux de l’huile de palme ont baissé pour le deuxième mois consécutif et restent inférieurs à ceux des huiles concurrentes, ce qui est le cas depuis la mi-avril. Ce repli est principalement dû à l’accroissement saisonnier de la production et des disponibilités exportables en Asie du Sud‑Est.
Par ailleurs, les prix mondiaux de l’huile de soja ont eux aussi ralenti, sous l’effet de l’augmentation de l’offre en Amérique du Sud et de la faiblesse de la demande de matières premières destinées à la production d’agrocarburants, en particulier aux États-Unis d’Amérique. Les prix de l’huile de colza ont quant eux stagné, car la récolte est imminente dans l’Union européenne, ce qui devrait renforcer l’offre, tandis que les prix de l’huile de tournesol ont ralenti du fait d’un affaiblissement de la demande mondiale à l’importation et de prix moins compétitifs qu’auparavant.
L’indice des prix de la viande a grimpé de 1,3 % en mai
L’indice FAO des prix de la viande a affiché une valeur moyenne de 124,6 points en mai, en hausse de +1,3 % par rapport à la valeur révisée d’avril et de 6,8 % par rapport à son niveau d’il y a un an. La hausse mensuelle est imputable à l’appréciation des prix internationaux des viandes bovine, ovine et porcine, qui a plus que compensé un repli des cours de la volaille. La hausse des cours de la viande d’ovins est dû à une hausse des cours en Océanie, laquelle a été favorisée par une forte demande mondiale à l’importation, en particulier de la part de la Chine, du Moyen-Orient et de l’Europe. Les prix de la viande porcine ont eux aussi augmenté, en raison du renforcement de la demande mondiale et d’une nette augmentation des prix des exportations allemandes (depuis que le pays a retrouvé le statut de zone indemne de la fièvre aphteuse).
Les prix mondiaux de la viande de bovins se sont appréciés et ont atteint un nouveau record historique, dans un contexte de demande mondiale soutenue et d’un resserrement des disponibilités exportables dans les principaux pays producteurs. En parallèle, les cours de la volaille ont diminué, en raison de la baisse des cours au Brésil, où la détection de cas de grippe aviaire hautement pathogène dans une exploitation commerciale mi‑mai a conduit plusieurs pays importateurs majeurs à mettre en place des interdictions d’importer, ce qui a donné lieu à d’abondants excédents de disponibilités et a tiré les prix vers le bas.
Légère hausse du prix des produits laitiers en mai
L’indice FAO des prix des produits laitiers s’est chiffré en moyenne à 153,5 points en mai, soit 0,8 % de plus qu’en avril dernier 21,5 % de plus que sa valeur enregistrée il y a un an. Les prix internationaux du beurre ont affiché une hausse historique, du fait de la demande de la part de l’Asie et du Moyen-Orient, sur fond de resserrement de l’offre de lait en Australie. Toutefois, un ralentissement de la demande de beurre en provenance de l’Union européenne a empêché les prix de croître davantage.
Les prix du fromage ont augmenté pour le 2e mois d’affilée, en raison d’une demande soutenue dans les services de restauration en particulier en Asie de l’Est et du Sud-Est et de disponibilités limitées dans l’Union européenne, où des conditions météorologiques défavorables et des épidémies ont sévi plus tôt cette année.
Les prix du lait entier en poudre ont progressé de +4 % par rapport à avril, en raison de la vigueur des achats de la Chine et d’une croissance limitée de l’offre. En revanche, les prix du lait écrémé en poudre ont baissé – 0,2 pour cent en mai, car l’abondance des disponibilités exportables dans les régions productrices de beurre a compensé un accroissement de la demande au Proche-Orient et en Afrique du Nord.
L’indice FAO des prix du sucre enregistre la 3e baisse mensuelle consécutive
L’indice FAO des prix du sucre a enregistré une valeur moyenne de 109,4 points en mai, soit 2,6 % de moins qu’en avril, marquant la 3e baisse mensuelle consécutive de l’indice, dont la valeur est à présent inférieure de 6,6 % à celle de mai 2024. La baisse est tirée par l’affaiblissement de la demande mondiale de sucre, alors que les perspectives économiques mondiales incertaines et leur éventuel impact sur la demande des secteurs des boissons et de la transformation des aliments inquiètent.
En outre, le fait que les premières estimations indiquent un probable rebond de la production mondiale de sucre en 2025-2026, lequel serait dû à un accroissement de la récolte attendu en Inde et en Thaïlande en raison d’un début de mousson précoce, a également tiré les prix vers le bas.































