Ousmane Gaoual Diallo était l’invité de la RTG mardi dernier. Le ministre des Transports et Porte-parole du gouvernement, n’est pas venu avec des paroles en l’air. Son message était clair : à Siguiri, on ne plaisante plus avec la loi. Derrière ses propos fermes, une vraie décision politique se cachait. Nous vous en proposons la lecture.
Par Djeneba Sylla
Si des responsables locaux ont perdu leur poste, ce n’était pas une décision prise sur un coup de tête ou une simple chasse aux sorcières. C’était la conséquence d’une série de manquements que l’État ne pouvait plus laisser passer. Le ministre a expliqué que les inspecteurs envoyés sur place avaient rapporté des preuves solides : l’interdiction du 13 mars 2026 était bafouée, les engins lourds continuaient de creuser le sol aurifère comme si rien ne s’était passé, défiant l’autorité publique. Face à ce qu’il a appelé un « défi à l’État », le gouvernement a révoqué certains responsables, une mesure qu’il qualifie de « conservatoire ». Le but est de mener une enquête approfondie pour comprendre qui, dans la hiérarchie locale, a fermé les yeux au lieu d’appliquer les ordres venus de Conakry.
Le ministre a toutefois tenu à rassurer lors sont intervention : l’objectif n’est pas d’arrêter l’orpaillage traditionnel, qui fait vivre de nombreuses familles dans la région. Ce que le gouvernement veut, c’est frapper uniquement ceux qui, avec des engins lourds, pillent les ressources et détruisent l’environnement sans se soucier des lois. Cette fermeté s’inscrit dans un contexte particulier : en 2025, le secteur minier guinéen a connu des turbulences, notamment dans le secteur de l’or, avec des questions sur la gestion et la traçabilité des exportations du métal précieux. Ces difficultés ont renforcé la volonté des autorités de mieux contrôler ce secteur stratégique et d’y mettre fin aux pratiques illégales.
L’État reprend ses droits
En définitive, cette sortie médiatique sonne comme un acte de souveraineté. Pour Ousmane Gaoual Diallo, le signal adressé à Siguiri vaut pour l’ensemble du territoire national. Il ne s’agit plus de tolérer des accommodements avec les règles, mais d’incarner un « État debout » qui assume sa fonction protectrice, quitte à bousculer des habitudes bien ancrées.
L’intervention du ministre restera comme le moment où le gouvernement a mis ses actes en accord avec ses discours, en frappant fort là où, longtemps, on n’avait frappé que du bout des doigts.






























