La Banque africaine de développement (BAD) vient d’approuver un prêt de 115,66 millions EUR à la Côte d’Ivoire pour développer les infrastructures agricoles et routières dans les régions transfrontalières du pays. L’objectif est d’améliorer l’accès aux marchés pour les producteurs ruraux, stimuler le commerce régional et favoriser une croissance inclusive dans les zones enclavées.
Le financement validé le 16 juillet 2025, appuiera la deuxième phase du Programme de désenclavement des zones transfrontalières et agricoles, un projet structurant qui cible des localités riches en potentiel agricole mais coupées des grands circuits économiques, notamment à cause de routes dégradées et de l’absence de liaisons efficaces avec les marchés.
Parmi les chantiers prioritaires : la réhabilitation de la route Danané-Gbeunta jusqu’à la frontière avec le Libéria, ainsi que la route agricole Zuenoula-Kongasso-Mankono. Les voiries urbaines dans les villes traversées seront également modernisées, dans le but d’améliorer la fluidité du trafic et de renforcer les connexions avec les pays voisins, notamment le Ghana et le Libéria.
« Ce programme représente un investissement transformateur dans la compétitivité agricole de la Côte d’Ivoire et l’intégration régionale », a souligné Mike Salawou, Directeur des Infrastructures et du Développement urbain à la BAD.
Au-delà des routes, le projet prévoit le renforcement des chaînes de valeur agricoles par la construction de centres de transformation, d’entreposage et de commercialisation, permettant aux producteurs de tirer un meilleur revenu de leurs récoltes et de réduire les pertes post-récolte.
Ces investissements s’inscrivent dans un contexte de croissance robuste : le pays a enregistré un taux de croissance de 6,1 % en 2024, avec une projection de 6,3 % pour 2025-2026. Cette dynamique offre un socle solide à une politique d’infrastructures ambitieuse visant à lutter contre la pauvreté et à accélérer le développement rural.
La BAD, partenaire majeur de la Côte d’Ivoire, a vu son engagement financier envers le pays passer de 448 millions EUR en 2015 à 2,3 milliards EUR fin 2024. Ce nouveau programme vient s’ajouter aux projets régionaux en cours, notamment les corridors de transport reliant la Côte d’Ivoire à la Guinée et au Libéria.
En plus de favoriser l’intégration économique ouest-africaine, ce projet contribuera à la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, tout en renforçant la sécurité dans des zones frontalières parfois fragiles.
Pour les communautés rurales, il s’agit d’un tournant : de meilleures routes signifient des débouchés commerciaux élargis, des revenus accrus, et une meilleure valorisation des productions agricoles, avec des gains pouvant être multipliés par dix dans certains cas.































