La Guinée a franchi une étape majeure dans la modernisation de la gestion de ses ressources naturelles. Le 14 janvier, les autorités ont lancé des travaux de géosciences, notamment un levé géophysique aéroporté, consistant à utiliser des capteurs embarqués sur des aéronefs afin d’analyser les caractéristiques physiques du sous-sol, sans recourir au forage. Cette opération, qui combine magnétométrie et radiométrie, vise à mieux identifier les structures géologiques et les zones à potentiel minier.
D’un montant de 1,386 million USD , pour une durée de 16 mois, le projet est financé par la Banque mondiale à travers le Programme de gestion des ressources naturelles, minières et environnementales (PGRNME). Il porte sur l’acquisition, le traitement et l’interprétation de données géophysiques modernes, afin d’améliorer la connaissance du sous-sol guinéen, un enjeu stratégique pour un pays à fort potentiel extractif.
Cette initiative répond à une problématique structurelle largement partagée par les pays africains : la faible maîtrise des données géologiques, souvent anciennes ou incomplètes, qui limite la capacité des États à planifier l’exploration, négocier avec les investisseurs et optimiser les retombées économiques du secteur minier. Comme l’a rappelé le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, les géosciences constituent « le premier maillon de la chaîne de valeur minière », soulignant leur rôle central dans le développement économique, social et environnemental.
Les livrables attendus du projet comprennent plusieurs rapports techniques, des cartes détaillées des anomalies de diamants et minéraux associés, des métaux lourds, des structures kimberlitiques et doléritiques, ainsi que l’identification de cibles intrusives telles que les pipes et dykes. Une base de données SIG complète sera également constituée, offrant à l’État un outil stratégique de planification géoscientifique.
À terme, ces données devraient permettre une exploration minière plus ciblée, réduire les risques pour les investisseurs et renforcer la gouvernance du secteur. Ainsi, la Guinée entend reprendre la maîtrise de son sous-sol afin de transformer son potentiel minier en levier durable de développement économique.






























