Lors de la table ronde sur le financement du Plan national d’électrification rurale (PNER) en Guinée, qui s’est tenue le 26 novembre 2025 à l’hôtel Noom, plusieurs bailleurs et entreprises ont annoncé des engagements financiers totalisant 384,5 millions USD, offrant une base concrète pour accélérer le programme. Cette mobilisation témoigne d’une volonté réelle de soutenir l’électrification rurale et d’ouvrir des perspectives tangibles pour les zones encore privées d’électricité.
Par Nanfadima Condé
Parmi les engagements annoncés figurent 21 millions USD du groupe CBC et d’ENGIE pour 500 villages, 5 millions USD de KM Industrie pour cinq localités, 4 millions EUR du groupe Michaud (France) et 250 millions USD de SAE-MBS Power pour plus de 200 localités, auxquels s’ajoutent d’autres promesses de financements.
Pour garantir la durabilité des infrastructures, l’entreprise sénégalaise ERT, dirigée par Falilou N’Diaye, prévoit dès début 2026 de préfinancer à 100 % l’installation d’une mini-centrale solaire en Guinée. L’entreprise a déjà recruté et formé des jeunes pour assurer la maintenance des installations et a préfinancé un réseau d’éclairage de 2 km à Conakry, démontrant que la formation et le transfert de compétences sont indissociables des infrastructures
De plus, le gouvernement guinéen, à travers le ministre de l’Économie, Mourana Soumah, a annoncé que 20 % des financements publics du Pacte M300 seront alloués au PNER, renforçant la dimension stratégique de ce programme.
Par ailleurs, le principal obstacle demeure le cadre institutionnel actuel, qui limite la capacité de l’AGER à mobiliser et à financer efficacement les ressources nécessaires au programme. C’est d’ailleurs pour lever cette contrainte qu’un changement de statut de l’Agence a été proposé. Les réformes envisagées incluent la transformation de l’AGER en entité autonome, la validation du PNER comme cadre national de planification et de suivi, ainsi que la création d’un fonds de garantie pour sécuriser les investissements. Ces mesures devraient améliorer la coordination des projets et renforcer l’impact des financements annoncés.
Ces promesses et recommandations ouvrent une perspective positive pour le secteur énergétique guinéen. Au-delà des financements, l’attention portée à la formation des jeunes et à l’entretien des infrastructures pourrait assurer la durabilité des projets, condition indispensable pour transformer l’électrification rurale en un véritable levier de développement local.






























