Alors que l’économie numérique se développe à grande vitesse sur le continent, le système juridique africain reste à la traîne. Pour ne pas freiner cette dynamique, former une nouvelle génération de juristes adaptés à l’ère digitale devient une priorité.
De la fintech à l’intelligence artificielle en passant par le e-commerce, l’Afrique connaît une transformation numérique sans précédent. Mais cette révolution soulève des défis juridiques majeurs : régulation des plateformes, protection des données, propriété intellectuelle liée aux technologies, cybersécurité… autant de domaines encore peu couverts par des textes adaptés ou des professionnels suffisamment formés.
« Le droit doit évoluer avec son époque », plaide Tunde Okewale OBE, avocat reconnu au Doughty Street Chambers à Londres et fondateur d’Urban Lawyers, une organisation caritative britannique qui milite pour un meilleur accès à l’éducation juridique. Pour lui, le mentorat est une des solutions clés : mettre en relation des experts chevronnés avec de jeunes juristes pour transmettre à la fois la rigueur du droit et les compétences numériques indispensables.
Ce mentorat stratégique vise à créer une main-d’œuvre juridique apte à comprendre les enjeux techniques, à accompagner les entreprises innovantes, et à garantir la protection des citoyens dans un monde de plus en plus connecté. Certains cabinets et institutions en Afrique commencent à intégrer ces enjeux dans leurs formations. Mais les efforts restent encore dispersés.
À l’heure où l’Afrique veut jouer sa partition dans la révolution numérique mondiale, le droit ne peut rester en marge. Préparer les juristes de demain, c’est aussi garantir un développement technologique inclusif, sécurisé et conforme aux normes.































