La Guinée figure parmi les pays ayant conclu de nouveaux accords-cadres bilatéraux avec les États-Unis à l’issue de la réunion ministérielle sur les minéraux critiques, tenue à Washington le 4 février 2026. Selon le département d’État américain, onze accords ont été signés avec des pays producteurs et transformateurs stratégiques, dont la Guinée, le Maroc, l’Argentine, le Pérou, les Émirats arabes unis ou encore l’Ouzbékistan.
Ces accords-cadres visent à structurer une coopération renforcée sur les minéraux critiques, dans un contexte de recomposition accélérée des chaînes d’approvisionnement mondiales. Ils prévoient notamment une coordination sur les prix, le développement des projets miniers, la création de marchés jugés plus équitables, la réduction des vulnérabilités logistiques et l’amélioration de l’accès au financement pour les projets prioritaires.
Pour Washington, cette séquence marque une étape concrète dans la stratégie annoncée par le vice-président JD Vance visant à réduire la dépendance américaine et à desserrer le quasi-monopole chinois sur les minéraux critiques.
Pourquoi la Guinée s’impose comme un acteur clé des minéraux critiques ?
La présence de la Guinée dans ce premier cercle n’est pas anodine. Le pays concentre plus d’un tiers des réserves mondiales de bauxite, matière première indispensable à la production d’aluminium, un métal stratégique pour les chaînes industrielles modernes, notamment dans les véhicules électriques, l’aéronautique, les infrastructures, l’emballage et les technologies liées à la transition énergétique.
A cela s’ajoute le projet Simandou, l’un des plus grands gisements de minerai de fer intégrés au monde, avec une teneur supérieure à 65 %, appelé à jouer un rôle central dans l’approvisionnement de l’industrie sidérurgique mondiale. Un ensemble d’atouts qui positionne la Guinée comme un acteur stratégique des chaînes d’approvisionnement en matières premières critiques.

Toutefois, malgré les politiques de transformation locale déjà amorcées, notamment avec le lancement en 2025 de deux projets de raffineries d’alumine, la Guinée est désormais appelée à aller plus loin. L’enjeu est de mieux coordonner sa stratégie minière, de sécuriser des clauses robustes de valeur ajoutée, de renforcer son pouvoir de négociation et d’imposer des partenariats industriels de long terme intégrant le raffinage, la technologie et le transfert de compétences, avant que la nouvelle ruée mondiale vers les minéraux critiques ne se traduise, une fois encore, par une extraction accélérée sans industrialisation durable.






























