Du 29 novembre au 1er décembre, Siguiri, ville aurifère de la Haute-Guinée, a été le théâtre d’une agitation sociale. À l’origine de la colère, les habitants dénonçaient la dégradation accélérée de leur environnement, provoquée par l’usage incontrôlé des machines Poclain, employées pour l’exploitation semi-mécanisée de l’or.
Par Nanfadima Condé
Cette tension initiale est venue se superposer à une pénurie de carburant, qui dure depuis près de deux mois. Selon plusieurs sources locales, la situation serait aggravée par des opérateurs chinois « qui achèteraient des citernes de carburant directement envoyées vers leurs sites d’exploitation ». Une pratique qui accentue la rareté du produit et fragilise l’activité économique de la population, déjà éprouvée.
Face à ce cumul de difficultés, les activistes et une partie des habitants sont descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol, bloquant plusieurs routes et brûlant des pneus. Les forces de l’ordre ont arrêté 75 personnes, dont l’activiste Aly Thiam, figure du mouvement « N’fabara Té la Tignènan », qui est un appel à protéger la terre héritée des anciens. Son arrestation, le 1er décembre, a intensifié la mobilisation, entraînant la fermeture d’écoles et de nouveaux rassemblements. Il a finalement été libéré dans la soirée.

Même si les autorités affirment que la situation est désormais sous contrôle, le terrain raconte une tout autre réalité. Plusieurs stations-service restent fermées et aucune disposition claire n’a encore été annoncée concernant la régulation des machines Poclain.
Pourtant, Siguiri, riche de son or et de son potentiel économique, devrait offrir à sa population un cadre de vie sain et des services essentiels stables. L’écart entre cette promesse et le quotidien des habitants entretient un malaise grandissant. L’ampleur de la dégradation environnementale appelle à une réaction structurée et interpelle directement l’État, en particulier les autorités en charge des mines et de l’environnement, afin de renforcer le contrôle des exploitations et protéger durablement la préfecture.






























