Une délégation officielle du Burkina Faso a été reçue le 24 novembre 2025 par le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, à la suite d’incidents survenus à Siguiri. Cette rencontre visait à apaiser la situation consécutive à une vidéo virale d’un jeune orpailleur se déclarant burkinabè, dont les propos ont provoqué de fortes réactions au sein de la population.
Par Nanfadima Condé
Les faits remontent au 17 novembre à Siguiri, localité reconnue pour ses importantes activités aurifères lorsqu’un jeune orpailleur se présentant comme burkinabè a affirmé dans une vidéo devenue virale : « nous sommes venus détruire la terre guinéenne pour avoir de l’or afin de construire au Burkina Faso ». Ces propos ont aussitôt enflammé les réseaux sociaux et alimenté des tensions.
Le même jour, le Conseil supérieur des burkinabès de l’étranger a publié un communiqué condamnant fermement les propos tenus. L’organisation y a exprimé sa « désapprobation de ces dires qui n’honorent pas le peuple guinéen », tout en assurant collaborer pour identifier l’auteur de la vidéo et le remettre aux autorités compétentes.
Quant aux autorités guinéennes, le procureur de la République Ibrahima I Camara a rapidement appelé au calme, rappelant que la violence contre des ressortissants burkinabè n’était « en aucun cas une réponse ».
Dans la même dynamique d’apaisement, une délégation officielle burkinabè, conduite par le consul honoraire du Burkina Faso en Guinée, Kounsau Tall, a été reçue par le ministre Morissanda Kouyaté.
S’exprimant au nom des autorités burkinabè, la délégation a réaffirmé son engagement aux côtés de la Guinée et condamné les propos « outrageants » tenus dans la vidéo. Elle a par ailleurs, a assuré que les investigations sont en cours pour identifier l’auteur, lequel pourrait faire l’objet de poursuites conformément aux textes en vigueur.
De côté, le ministre Morissanda Kouyaté,a assuré transmettre fidèlement le compte rendu de la rencontre au président de la République.
Cette situation pourrait relancer la nécessité d’appliquer strictement les arrêtés d’octobre 2024 encadrant l’exploitation artisanale et mécanisée, notamment sur l’octroi des couloirs, la réhabilitation environnementale et les obligations des opérateurs. Un contrôle renforcé des sites et une formalisation réelle du secteur permettraient d’éviter ce type d’incidents et de réduire les tensions communautaires.






























