Du 30 mars au 1er avril 2026, Bpifrance a conduit une délégation de 50 entreprises françaises en Guinée dans le cadre d’une mission économique structurée autour des opportunités offertes par le programme Simandou 2040. Cette initiative, organisée avec le ministère du Plan et l’Ambassade de France en Guinée, marque une première dans le pays et illustre une volonté de structurer la présence des entreprises françaises sur des projets à fort potentiel.
Par Nanfadima Condé
Point d’orgue de cette immersion, une rencontre de haut niveau s’est tenue le 31 mars à Radisson Blu Hotel, en présence du Premier ministre Amadou Oury Bah, du ministre du Plan Ismaël Nabé, de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que de l’ambassadeur de France Luc Briard. Des partenaires tels que l’Agence française de développement (AFD), Ecobank Guinée, Group SONOCO, SOBRAGUI, Eiffage, NTD France, AGL ont également pris part aux échanges.
Cette mobilisation s’inscrit dans une stratégie plus large de la France en Guinée, où Bpifrance s’appuie déjà sur 500 millions EUR d’engagements sur les cinq dernières années. L’objectif est de structurer une présence durable dans des secteurs clés tels que les infrastructures, l’énergie, l’agriculture ou encore l’ingénierie.

Au cœur des discussions, le programme Simandou 2040, présenté comme la matrice du développement socioéconomique du pays. Structuré autour de 122 mégaprojets pour un investissement estimé à 330 milliards USD, il vise à transformer le minerai de fer en leviers de croissance durable. Comme l’a souligné le Premier ministre Amadou Oury Bah, le développement « ne peut être durable que s’il s’ancre dans la maîtrise des chaînes de valeur », traduisant la volonté de capter davantage de valeur localement.

Les autorités guinéennes ont mis en avant les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires, notamment la structuration des mécanismes de financement et la mise en place d’outils de garantie facilitant l’accès au crédit. Dans le même esprit, la ministre de l’Industrie a insisté sur la nécessité de bâtir de véritables filières industrielles locales.
Pour l’ambassadeur de France, Luc Briard, cette dynamique s’inscrit dans un partenariat « d’égal à égal », articulant investissements, fiscalité et responsabilité sociale des entreprises. Les sessions B2B et le lancement de la Communauté Afrique-France Entrepreneurs ont traduit une volonté de passer rapidement à l’action.

Dans un contexte de repositionnement économique, cette mission illustre une approche de co-construction entre acteurs publics et privés, avec pour ambition de transformer le potentiel guinéen en réalisations tangibles.































