En 2025, la Guinée a produit 1 057 524 tonnes de fer, soit une hausse de 415 % sur un an, selon les données du ministère des Mines et de la Géologie. Cette dynamique est principalement tirée par le projet de Nimba, exploité par la Société des mines de fer de Guinée, filiale du groupe américain Ivanhoe.
Le gisement, dont le minerai affiche une teneur supérieure à 67 % en fer, a contribué à hauteur de 682 585 tonnes. À terme, la production devrait atteindre entre 2 et 5 millions de tonnes par an, avant une montée en puissance progressive pouvant aller jusqu’à 30 millions de tonnes.
Parallèlement, le projet Simandou, entré en production le 11 novembre 2025, commence à contribuer aux exportations nationales. Ce mégaprojet, vise une capacité maximale de 120 millions de tonnes à l’horizon 2027. Ainsi, le consortium Winning, opérant sur les blocs 1 et 2, a expédié 288 862 tonnes, tandis que Simfer, en charge des blocs 3 et 4, a exporté 86 077 tonnes.
Repositionnement sur le fer sous pression des prix
La montée en puissance simultanée de Nimba et de Simandou repositionne progressivement la Guinée sur le marché mondial du fer. Cette dynamique intervient toutefois dans un environnement moins porteur, avec des prix oscillant autour de 100 à 110 dollars la tonne ces dernières semaines, sous l’effet d’une demande en acier plus modérée en Chine, premier consommateur mondial, mais aussi d’une offre soutenue.
Dans ce contexte, la capacité du pays à tirer pleinement parti de ces ressources dépendrait de sa gestion de la volatilité des cours. Le renforcement des infrastructures logistiques, la maîtrise des coûts de production et une intégration accrue de la chaîne de valeur constitueraient des leviers déterminants pour consolider sa compétitivité.
Le projet de mise en place d’un fonds souverain, en cours de structuration par le gouvernement, pourrait, à cet égard, contribuer à stabiliser les revenus miniers en atténuant les effets des cycles de prix, en complément d’éventuels mécanismes de couverture.
Longtemps perçue comme un pays essentiellement bauxitique, la Guinée amorce ainsi un repositionnement stratégique sur le fer, avec la perspective d’en faire un levier durable de diversification et de sécurisation de ses revenus à long terme.






























