Les exportations de minerai de fer du projet Simandou ont fortement progressé en mai, confirmant la montée progressive de l’un des grands projets miniers intégrés de l’Afrique. Selon des données de suivi maritime de Kpler, rapportées par Bloomberg le 3 juin, les expéditions ont atteint 2,2 millions de tonnes en mai, contre 1,3 million de tonnes en avril, soit environ +70 % sur un mois.
Par Nanfadima Condé
Cette progression s’explique par l’amélioration des infrastructures logistiques au niveau du port de Morebaya. « Les chiffres de mai indiquent un changement, probablement dû à l’amélioration du rythme de chargement à Morebaya, à mesure que les infrastructures portuaires se développent », explique Alexandre Claude, directeur général de DBX Commodities, société spécialisée dans le suivi des chaînes d’approvisionnement de matières premières.
La performance reflète également une meilleure coordination opérationnelle entre les deux consortiums en charge du projet, Rio Tinto Simfer et Baowu-Winning Consortium Simandou (BWCS), sous la supervision des autorités guinéennes.
Un marché du minerai de fer sous pression
Cette montée en puissance du projet intervient dans un contexte de marché moins favorable. Après avoir dépassé 220 dollars la tonne en 2021, les cours du minerai de fer se sont progressivement repliés pour évoluer ces dernières années dans une fourchette comprise entre 100 et 140 dollars.
Selon Trading Economics (données du 4 juin), le minerai de fer de référence à 62 % de teneur se situe actuellement autour de 100 dollars la tonne, sous l’effet de la faiblesse de la demande chinoise, premier consommateur mondial de l’acier.
Un avantage de compétitivité lié à la qualité du minerai
Malgré ce contexte de prix modéré, Simandou dispose d’un atout structurel important : la qualité de son minerai. Le gisement contient un minerai à haute teneur, supérieure à 65 %, contre environ 62 % pour le benchmark de référence du marché. Cette différence pourrait améliorer les rendements industriels et maintenir son attractivité auprès des industriels de la sidérurgie.
Il faut rappeler que cette montée en puissance intervient six mois après le départ du Winning Youth, premier navire chargé de minerai de fer de Simandou à destination de la Chine, confirmant l’entrée du projet dans sa phase industrielle. Il devrait atteindre sa capacité de production maximale de 120 millions de tonnes de minerai de fer d’ici 2027.






























