
Ce jeudi, une réunion importante s’est tenue autour du projet de construction d’une usine de pelletisation en Guinée. La séance était présidée par Ibrahima Kalil Keïta, Directeur général des projets miniers, entouré de plusieurs cadres du ministère des Mines et de la Géologie. L’ordre du jour portait sur l’examen de l’étude de faisabilité de cette usine, d’une capacité de 2 millions de tonnes par an, présentée conjointement par SIMFER SA et BAOWU.
Par Djenaba Sylla
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Convention de co-développement du projet minier Simandou, qui prévoit que les exploitants doivent soumettre à l’État guinéen, dans un délai de deux ans suivant le début de la production, une étude pour la construction d’une usine de transformation locale. Ce projet revêt une importance stratégique pour le pays : il s’agit de transformer le minerai de fer directement sur place, ce qui permettra de créer de nombreux emplois, de former des travailleurs guinéens, de renforcer les compétences locales et d’utiliser les infrastructures ferroviaires et portuaires déjà en place.
En termes d’emplois, l’étude prévoit la création un millier de poste pendant la phase de construction et des centaines d’emplois permanents une fois l’usine en fonctionnement. L’objectif est de privilégier au maximum la main-d’œuvre guinéenne. Le projet vise 59 % d’employés locaux dès la première année, avec une progression jusqu’à 80 % à la septième année. Pour atteindre cet objectif, des programmes de formation technique et de mentorat seront mis en place, en collaboration avec des institutions nationales. Sur le plan commercial, l’usine produira des boulettes de minerai de fer, utilisées dans la fabrication de l’acier. Deux types de boulettes seront fabriqués : celles destinées aux hauts fourneaux et, plus tard, celles pour la réduction directe, un procédé plus propre qui répond à la demande croissante d’une industrie sidérurgique moins polluante. La demande mondiale pour ces boulettes de haute qualité est actuellement plus forte que l’offre, ce qui pourrait permettre à la Guinée de vendre sa production à des prix intéressants. L’étude confirme que l’usine utilisera des technologies industrielles bien maîtrisées et répandues dans le monde, avec des systèmes modernes pour limiter la consommation d’énergie et réduire l’impact sur l’environnement. Le projet est également conçu pour pouvoir utiliser, à l’avenir, des sources d’énergie moins polluantes à mesure que le réseau électrique guinéen évoluera.
Quelques données sur le minerai et les prix
Le minerai de fer de Simandou est réputé pour sa très haute qualité, ce qui en fait une matière première prisée pour produire des boulettes. Ces boulettes, sous forme de petites sphères, sont plus faciles à utiliser dans les aciéries et permettent de fabriquer un acier de meilleure qualité avec moins d’impuretés. Aujourd’hui, la tendance mondiale est à la production d’acier plus respectueuse de l’environnement, ce qui accroît la demande pour les boulettes de qualité supérieure. Selon les prévisions, le marché des boulettes de fer devrait connaître une croissance de 8,5 % par an d’ici 2033. Côté prix, les boulettes se vendent plus cher que le minerai brut. Par exemple, le prix du minerai de fer standard (à 62 % de fer) est estimé à environ 95 dollars la tonne en 2026. Les boulettes de qualité haut fourneau peuvent atteindre environ 150 dollars la tonne, tandis que les boulettes pour réduction directe peuvent voir leur prix majoré de 30 à 70 dollars la tonne par rapport au minerai standard, selon la demande. Ces primes de prix sont généralement de l’ordre de 50 % au-dessus du cours du minerai classique. Ces éléments montrent le fort potentiel économique du projet pour la Guinée, qui pourrait tirer profit de prix élevés sur un marché en pleine expansion.































