Une semaine après que la CEDEAO a confirmé, lors de son 69ᵉ sommet ordinaire tenu à Lungi, en Sierra Leone, son objectif de lancer progressivement la monnaie unique ECO à partir de 2027, la Guinée remet le franc guinéen au cœur de son discours économique. Lors du Conseil ordinaire des ministres du 30 juillet, le président Mamadi Doumbouya a rappelé que le pays bâtit sa monnaie « depuis plus de 65 ans » et demeure attaché à sa souveraineté économique.
Pour le chef de l’État, le franc guinéen constitue « un élément essentiel d’expression de cette souveraineté », permettant à la Guinée de continuer à décider de son avenir économique à travers la maîtrise de sa politique monétaire.
Si l’ECO est conçu pour favoriser l’intégration économique régionale, fluidifier les échanges commerciaux et, à terme, renforcer le marché commun ouest-africain, les propos du président guinéens rappellent qu’une monnaie ne se limite pas à un moyen de paiement. Elle demeure également un instrument de politique économique, permettant à un État d’adapter ses décisions monétaires aux réalités de son économie.
Dans cette perspective, le maintien du franc guinéen traduit la volonté des autorités de conserver une marge de décision sur des leviers jugés stratégiques, notamment la conduite de la politique monétaire, dans un contexte où les économies de la sous-région présentent encore des niveaux de convergence très variables.






























