Le gouvernement guinéen accorde six mois supplémentaires aux producteurs de sachets d’eau, alors que le marché de l’eau conditionnée fait face à des tensions sur l’offre et les prix. La mesure, a été annoncée le 7 octobre 2026, par le porte-parole du Gouvernement Faya François Bourouno.
Cette décision intervient à moins de 3 semaines après la fin du délai de transition, prévu par l’interdiction des plastiques à usage unique. Elle fait suite à une demande des producteurs, qui invoquent la nécessité d’adapter leurs lignes de production, d’investir dans des emballages de substitution et de mettre en place des systèmes de collecte et de recyclage.
Une décision qui intervient après les tensions sur le marché
La mesure intervient dans un marché où l’offre d’eau conditionnée a été mise sous pression depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction. Certains détaillants ont notamment porté le prix du pack d’eau de 25 000 à 35 000 francs guinéens, soit une hausse de 40 %. Le ministère de l’Industrie et du Commerce avait alors dénoncé des hausses qu’il jugeait injustifiées et demandé aux opérateurs de maintenir les tarifs antérieurs.
Cette tension a conduit les autorités à intervenir directement sur la formation des prix. Depuis le 7 octobre, une nouvelle grille plafonne notamment à 25 000 GNF le prix au détail des packs de bouteilles de 33 à 35 cl, de 50 à 55 cl et de 1,5 litre. Pour les bonbonnes de 19 litres, le plafond est fixé à 20 000 GNF au détail, hors consigne.
Six mois pour absorber le coût de la transition
Pour les producteurs de sachets, le moratoire constitue surtout un délai supplémentaire pour adapter leur outil industriel. Le passage vers d’autres emballages suppose des investissements dans les équipements, l’approvisionnement en matières premières et l’organisation de nouvelles chaînes de collecte et de valorisation.
Le gouvernement annonce ainsi des mesures d’incitation fiscales et douanières en faveur de la production et de l’importation d’emballages biodégradables, de résine PET et de préformes. Les opérateurs sont également invités à utiliser la période de six mois pour structurer la collecte et la transformation des déchets plastiques.
La portée économique dépasse par conséquent, le cadre unique de l’interdiction des sachets. Il porte sur la capacité des producteurs à financer leur adaptation, sans répercuter intégralement les nouveaux coûts sur les consommateurs, dans un marché où l’eau conditionnée constitue un produit de consommation courante.
Le risque d’une nouvelle pression sur les prix
Le principal défi sera désormais de maintenir l’offre tout en maîtrisant les coûts. Une transition trop rapide pourrait accroître les dépenses de conditionnement et de distribution, tandis qu’un accès insuffisant aux nouveaux emballages pourrait limiter les capacités de production.
À l’inverse, le maintien temporaire de la production des sachets donne aux opérateurs, un délai pour préparer cette transformation. Il laisse également aux autorités le temps de mettre en place, les incitations annoncées et de suivre l’évolution des prix.
Par ailleurs, la commission interministérielle présidée par le premier ministre Amadou Oury Bah, assurera le suivi de cette période de six mois.






























