Huit ans après l’approbation de sa création, l’Union africaine s’apprête à lancer ce 7 octobre 2026 à Maurice l’Agence de notation financière d’Afrique (AfCRA), sa propre agence de notation destinée à évaluer la solvabilité des États, des institutions et des entreprises.
Selon l’annonce de l’Union africaine, « l’AfCRA vise à améliorer la façon dont les États souverains, les entités infranationales et les entreprises sont évalués et compris sur les marchés financiers internationaux », grâce à de meilleures données, une expertise accrue et une meilleure prise en compte du contexte du risque de crédit africain.
Cette initiative intervient alors que les dirigeants africains critiquent depuis longtemps les méthodes des grandes agences de notation internationales, notamment S&P, Moody’s et Fitch. Ils leur reprochent notamment de ne pas évaluer équitablement le risque lié aux prêts accordés aux pays africains et de les dégrader trop rapidement lors de crises telles que les conflits et les pandémies. De leur côté, les agences rejettent ces critiques, affirmant qu’elles appliquent les mêmes méthodologies à l’échelle mondiale.
Il ne s’agit toutefois pas pour l’AfCRA de remplacer ces agences. « AfCRA complète les agences de notation de crédit mondiales existantes en offrant une perspective fondée sur les données, l’expertise et les réalités africaines », a déclaré l’UA dans un communiqué.
La mise en place de l’Agence de notation financière d’Afrique pourrait ainsi réduire la dépendance des pays africains aux agences internationales dans l’évaluation de leur situation économique et financière. Mais son impact dépendra surtout de sa capacité à gagner la confiance des marchés et des investisseurs et à faire reconnaître ses évaluations au-delà du continent.
En prenant en compte l’expertise et les réalités africaines, cette nouvelle agence pourrait ainsi contribuer à améliorer la compréhension du risque de crédit africain.






























