Une table ronde de haut niveau consacrée au Protocole de Maputo, s’est tenue mercredi 7 octobre 2026 à Conakry. Réunissant des représentants de 14 pays d’Afrique francophone, la rencontre a porté sur la ratification, la domestication et surtout la mise en œuvre effective du texte africain consacré aux droits des femmes et des filles.
Les échanges ont porté sur les moyens de traduire les engagements pris dans le cadre du protocole en politiques publiques et en services accessibles aux populations. Adopté par l’Union africaine en 2003 et entré en vigueur en 2005, le Protocole de Maputo couvre notamment les droits des femmes en matière de santé, mais aussi l’accès aux ressources, à la terre et à la propriété ainsi que leur participation à la vie économique et politique. La Guinée l’a ratifié en 2012.
La santé a occupé une place importante dans les discussions. La ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, qui intervenait comme keynote speaker, a notamment insisté sur la planification familiale, les soins maternels et néonatals ainsi que les services de santé sexuelle et reproductive.
Les données présentées lors de la rencontre permettent de mesurer une partie des efforts engagés. En 2024, plus de 203 000 femmes ont bénéficié de services de planification familiale en Guinée. Le pays compte également 147 maternités offrant des soins obstétricaux et néonatals d’urgence.
Ces résultats restent toutefois confrontés à des disparités d’accès. Les femmes vivant en milieu rural et les adolescentes figurent notamment parmi les populations qui rencontrent davantage de difficultés pour accéder à certains services. La disponibilité des infrastructures ne suffit donc pas à elle seule à garantir un accès équitable aux soins.
La question du financement devient dès lors centrale. La ministre a appelé à renforcer les financements nationaux et à réduire les écarts d’accès aux services. Pour les pouvoirs publics, cela implique non seulement de financer les infrastructures, mais également d’assurer leur fonctionnement, la disponibilité du personnel, les équipements et la continuité des soins.
L’enjeu dépasse par ailleurs le secteur de la santé. Les dispositions du Protocole de Maputo relatives à la terre, à la propriété et à l’accès aux ressources productives touchent directement à l’autonomie économique des femmes. L’accès à ces actifs peut faciliter le développement d’activités, l’accès au financement et la constitution d’un patrimoine. À l’inverse, les restrictions dans ces domaines peuvent limiter les possibilités d’investissement et de création de revenus.
Les travaux de Conakry doivent déboucher sur des recommandations destinées à alimenter une « Déclaration de Conakry ». Celle-ci devrait notamment servir de base à la poursuite des efforts en matière de santé, d’accès aux droits et d’autonomisation des femmes dans les pays participants.






























