Le 18 juin 2025, Bernabé Sanchez, fondateur de Bowécon Ltd et expert en politiques minières, a réuni à Conakry des acteurs clés du secteur pour discuter des enjeux liés à l’économie minière et au développement humain en Guinée. Parmi les participants figuraient, l’ambassadeur du Maroc en Guinée Isam Taib, l’ambassadeur du Japon en Guinée, Kato Ryuichi, Francesco Galtieri, représentant de l’UNFPA Guinée, Omar Abdourhaman, économiste du Bureau de la coordination des Nations Unies, ainsi que des institutions telles la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, Kanté Ahmed vice présent de la CGE-GUI, la société civile et des experts économiques.
Un boom minier porteur de défis
Bernabé Sanchez a souligné la croissance exceptionnelle de la Guinée, avec un PIB qui devrait dépasser 10 % annuellement d’ici 2029 selon le FMI. Cependant, il a insisté sur le défi majeur : transformer cette richesse minière (14 milliards de dollars d’exportations en 2023, dominées par l’or et la bauxite) en progrès humain tangible. Le rapport Bowécon révèle en effet que la Guinée accuse un retard en matière de santé et d’éducation, avec seulement 3 % du PIB consacré à ces secteurs entre 2016 et 2022.
Capital humain : une priorité négligée
Lors de cet échanges Francesco Galtieri (UNFPA) a rappelé que le développement passe par l’investissement dans le capital humain, dénonçant une approche encore trop philanthropique. Les données du PNUD montrent que la Guinée peine à traduire sa croissance en amélioration de l’Indice de développement humain (IDH), contrairement à des pays comme le Botswana ou le Maroc.

Efforts gouvernementaux et perspectives
Toutefois Mohamed Fadiga, DGA de la Direction des prévisions économique, a mis en avant les progrès récents : les budgets alloués à la santé et à l’éducation ont augmenté de 78 % et 76 % respectivement entre 2021 et 2025. Il a également évoqué sur la nécessité d’orienter davantage les étudiants vers des formations professionnelles, plutôt que générales, pour répondre aux besoins du marché de l’emploi. Il a souligné que les secteurs miniers et industriels offrent des opportunités concrètes, et que les universités doivent adapter leurs programmes en conséquence pour réduire le chômage des jeunes.
Urgence de renforcer les capacités locales pour une croissance inclusive
Lors des échanges, les participants ont souligné un paradoxe : malgré les 10 % de croissance annuelle prévus par le FMI et l’abondance des ressources minières (or, bauxite), la Guinée peine à garantir que sa population bénéficie concrètement de cette richesse. Ils ont insisté sur l’urgence de former massivement les Guinéens aux métiers porteurs (géologie, ingénierie minière, logistique) pour qu’ils occupent des postes à haute valeur ajoutée, aujourd’hui souvent trustés par des expatriés.
Cet événement de haut niveau a confirmé que la Guinée, malgré son potentiel minier, doit encore relever des défis majeurs pour assurer un développement équitable et durable.
A noter que le prochain rendez-vous est prévu entre le mois de septembre et octobre prochain.






























