Une solution concrète se profile pour mettre fin à la pénurie de liquidités qui frappe la Guinée depuis trois mois. Selon un employé de la Banque Centrale (BCRG), une cargaison de 70,2 millions de billets de 20 000 GNF, représentant plus de 1400 milliards de francs guinéens, est attendue dans le pays autour du 31 août. « Cette injection massive est une étape cruciale pour redonner de l’oxygène à l’économie », a-t-il confié à notre Rédaction, ajoutant que « des mesures complémentaires sont prévues pour éviter une telle situation à l’avenir ». D’autres envois suivront afin de résoudre durablement le manque de billet.
Par Habib Tapha Sylla
Cette arrivée de fonds constitue une excellente nouvelle pour les ménages et les entreprises, particulièrement affectés par ce manque de billet Ils devraient enfin retrouver un semblant de normalité dans leurs transactions quotidiennes. Alors que la Banque Centrale et l’Association professionnelle des banques (APB) rappellent que la restauration de la confiance des agents économiques est essentielle pour une sortie de crise pérenne, cette mesure constitue un premier pas décisif pour relancer durablement la circulation fiduciaire dans le pays.
Le manque de confiance dans le système bancaire paralyse l’économie guinéenne
Cependant, cette mesure technique, bien que nécessaire, ne résout pas le problème fondamental : le manque criant de confiance de la population et des entreprises envers le système bancaire, particulièrement sous la gestion militaire. Cette méfiance est alimentée par des craintes de saisies, de contrôles, de manque de garantie à l’accès aux fonds des déposants et d’une instabilité politique perçue.
Comme le souligne un banquier : « Le cœur du problème réside aussi dans la défiance persistante envers le système bancaire ». Il est donc essentiel que les entreprises et commerçants reprennent l’habitude de déposer leurs fonds dans le système bancaire plutôt que de les conserver hors des circuits formels. Les banques doivent également faire de la pédagogie en expliquant clairement les avantages concrets de la bancarisation en rendant leurs services plus accessibles à tous et faire la promotion agressive des paiements électroniques et mobiles (mobile money, cartes de débit) qui réduirait la pression sur la demande de billets.
Le gouvernement et la BCRG doivent également rétablir durablement la confiance des citoyens envers les institutions financières car il est impératif de comprendre que sans confiance, l’injection des 1400 milliards GNF risque de ne pas circuler correctement.






























