À un jour du lancement de la campagne officielle pour le référendum du 21 septembre 2025, le projet de nouvelle constitution présente des avancées majeures qui modifieront l’architecture institutionnelle du pays. Le texte prévoit notamment l’extension du mandat présidentiel de cinq à sept ans, renouvelable une seule fois, permettant au futur chef de l’État de disposer de quatorze années pour mettre en œuvre son programme.
Par Nanfadima Condé et Ibrahime Traoré
Parmi les innovations notables figure la création d’un Sénat composé pour deux tiers de membres élus et pour un tiers de personnalités nommées par le président, visant à renforcer la représentation territoriale. Le projet introduit également un mécanisme inédit de révocation présidentielle par le peuple : en cas de « haute trahison », une pétition signée par 50% des électeurs pourra déclencher un référendum de destitution.
Sur le plan social, le texte constitutionnel garantit pour la première fois la couverture santé universelle et l’éducation gratuite jusqu’à la formation supérieure. Il impose également un quota de 30% de femmes dans les postes décisionnels et électifs, et officialise les langues nationales au côté du français comme langues officielles.
Le projet renforce considérablement la décentralisation en prévoyant que 70% des ressources destinées aux collectivités locales leur soient effectivement reversées, sous le contrôle de l’Assemblée nationale. Il élargit également le droit de saisine de la cour constitutionnelle aux associations agréées et interdit toute révision constitutionnelle durant les deux dernières années d’un mandat présidentiel.
Ce référendum se tient dans un contexte particulier, marqué par l’absence des principaux partis politiques d’opposition dans le processus. Toutefois, le texte reste silencieux sur l’éligibilité du président de transition, alors que la charte de la transition interdit aux membres de la junte de se présenter aux élections.
Si adoptée, cette constitution remplacera celle de 2020 et ouvrira la voie à un nouveau cycle électoral dans un cadre institutionnel profondément renouvelé.






























