
Par Eco Fiance Guinée
La Guinée marque un tournant historique dans le secteur des assurances avec la mise en place du Fonds de compensation des recours (FCR), opérationnel depuis décembre 2024. Cette initiative, initié par le gouverneur de la Banque Centrale (BCRG), Karamo Kaba, vise à résoudre les dysfonctionnements chroniques du système d’indemnisation, notamment via la Convention IRA (Indemnisation rapide de l’assuré).
Face à un taux alarmant des véhicules non assurés et une méfiance des populations envers les compagnies, le FCR se présente comme une solution structurelle. Chaque société d’assurance contribue à hauteur de 1 milliard GNF à un compte centralisé à la BCRG, permettant un règlement accéléré des sinistres et une gestion transparente des recours inter-compagnies. Comme l’a souligné le gouverneur Karamo Kaba, « Ce fonds incarne notre engagement à restaurer la confiance et à professionnaliser un secteur clé pour l’économie nationale ».
Un mécanisme supervisé par la BCRG pour une exécution garantie
Le fonctionnement du FCR repose sur un calendrier strict et une supervision active de la BCRG. Deux réunions mensuelles rythment le processus : une réunion préparatoire de la Commission IRA vers le 15 pour examiner les dossiers, suivie d’une réunion plénière le 25 (ou le jour ouvrable suivant) réunissant la BCRG, le président de la Commission IRA, le Secrétaire général de l’APAG, un membre de la commission d’arbitrage…
La BCRG joue un rôle pivot en contrôlant les flux financiers et en veillant à ce que les compagnies honorent leurs engagements. « Cette implication institutionnelle, bien qu’initialement accueillie avec réticence a été créé pour répondre à un problème crucial : les retards de paiement entre compagnies d’assurance qui pénalisaient les sinistrés » selon Kouramoudou Magassouba, Président du FCR et Inspecteur analyste financier à la BCRG.
Un bilan mitigé mais un avenir prometteur pour l’Inclusion assurantielle
Si le FCR représente une avancée majeure, il met aussi en lumière les défis persistants du secteur. En Guinée, seulement 3 % de la population souscrit à une assurance, un taux parmi les plus bas d’Afrique de l’Ouest, en raison d’une image écornée par des années de retards de paiement et de manque de transparence. Le FCR répond à ces lacunes en imposant un cadre discipliné, mais son succès dépendra de la capacité des compagnies à adopter une culture client centrée sur la rapidité et la fiabilité. Pour les cabinets d’assurance, c’est l’occasion de reconvertir les sceptiques et de capitaliser sur cet outil pour élargir leur base.
Comme le rappelle Olivier Ghietambou ancien DG de Saar assurance, « Sans confiance, pas de marché viable. Le FCR est une chance unique de réconcilier les guinéens avec l’assurance ». Avec cette réforme, la Guinée se positionne en pionnière régionale, offrant un modèle potentiellement réplicable dans d’autres pays confrontés à des défis similaires.































