La dépendance des États-Unis aux minéraux critiques, largement dominés par la Chine, s’impose désormais comme un enjeu central de la rivalité économique mondiale. C’est dans ce contexte que Washington accueille, les 4 et 5 février, une réunion ministérielle dédiée aux minerais stratégiques, réunissant plus d’une cinquantaine de pays producteurs, dont plusieurs États africains clés.
Cette initiative intervient alors que la Chine contrôle près de 70 % de l’extraction mondiale des terres rares et environ 90 % de leur raffinage, tout en fournissant plus de 60 % des importations américaines en minéraux critiques. Une dépendance jugée désormais incompatible avec les ambitions industrielles et technologiques américaines, notamment dans les véhicules électriques, les batteries, la défense et les semi-conducteurs.
Parmi les pays africains invités figurent la Guinée, qui détient plus d’un tiers des réserves mondiales de bauxite, couplé au plus grand projet intégré de minerai de fer en Afrique, Simandou, affichant une teneur supérieure à 65 %. Également, la RDC constitue le pilier mondial du cobalt, du cuivre, du lithium, tandis que le Kenya, se distingue par ses ressources en coltan et en niobium.
Cette démarche est assortie de mesures concrètes. Selon Bloomberg, les États-Unis ont confirmé la création d’une réserve stratégique de terres rares de 12 milliards USD, financée en partie par l’Exim Bank. L’Union européenne, confrontée aux mêmes vulnérabilités, envisage de son côté un partenariat stratégique avec Washington sur les minéraux critiques, signe d’un réalignement pour contrer Pékin.
L’Afrique face à un tournant historique
Cette séquence diplomatique intervient alors que plusieurs pays africains cherchent à capter davantage de valeur locale, à travers la transformation et le raffinage. La Guinée avec l’alumine, la RDC avec le cuivre et le cobalt, ou encore le Zimbabwe sur le lithium en offrent des illustrations concrètes.
Toutefois, ces avancées demeurent fragmentées et encore insuffisantes au regard des enjeux actuels. Avec l’intérêt renouvelé des grandes puissances pour les minéraux critiques, l’enjeu dépasse désormais la seule transformation. Il s’agit pour les États africains de se coordonner, de sécuriser des clauses de valeur ajoutée, de renforcer leur pouvoir de négociation et d’imposer des partenariats industriels de long terme, intégrant le raffinage, la technologie et le transfert de compétences.
Pendant ce temps, Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères appelle au maintien de chaînes d’approvisionnement mondiales “stables et sûres”, réaffirmant la position de la Chine en faveur d’un commerce fluide des minéraux critiques.






























