La Sierra Leone et la Banque africaine de développement (BAD) unissent leurs forces pour s’attaquer à l’un des maux les plus corrosifs de l’économie africaine : les flux financiers illicites, estimés à quelque 90 milliards USD de pertes annuelles pour le continent. Un atelier de quatre jours, tenu à The Place Resort à Tokeh, a réuni plus de 70 participants issus des gouvernements, du secteur privé, de la société civile et d’organisations internationales.
Sous le thème « Exploiter la richesse de l’Afrique : Infléchir les flux financiers illicites en faveur d’une croissance et d’un développement résilients », les discussions ont permis de formuler des recommandations stratégiques. Parmi elles, la mise en place de communautés de pratique nationales, la réforme des institutions, et la promotion d’une transparence accrue autour des prêts adossés à des ressources naturelles.
Pour le ministre sierra-léonais des Finances, Sheku Ahmed Fantamadi Bangura, cette initiative représente une opportunité d’améliorer les recettes nationales en combattant les détournements opérés via le commerce illégal. Il a souligné que les prêts adossés à des ressources doivent rester une option de dernier recours, assortie de garanties strictes de transparence et de rentabilité à long terme.
Les sessions ont permis d’examiner le Rapport de diagnostic national sur les flux illicites liés au commerce des ressources naturelles. Des experts, dont Bernd Schlenter du cabinet Rand Sandton Consulting Group, ont apporté des analyses techniques approfondies sur les circuits de ces flux et proposé des pistes concrètes d’action.
Halima Hashi, cheffe du bureau-pays de la BAD en Sierra Leone, a souligné l’alignement du projet sur la Stratégie décennale 2024-2033 et le Plan d’action 2025-2029 de la Banque sur les ressources naturelles. Le projet GONAT, soutenu par la Facilité d’appui à la transition de la BAD, repose sur trois axes clés : analyse des politiques, renforcement des capacités et dialogue de haut niveau.
« Gérer les ressources naturelles de façon équitable et transparente n’est pas une tâche technique, mais un impératif stratégique pour l’avenir du continent », a affirmé Eric Ogunleye, Directeur de l’Institut africain de développement de la BAD.
Le séminaire s’est achevé sur l’élaboration d’un projet de communiqué, en vue de son adoption nationale. Les parties prenantes se sont engagées à transformer les recommandations en réformes concrètes pour freiner l’hémorragie financière que connaît l’Afrique.































