La CGEGUI réunit ses membres pour trouver une issue à la crise du cash
La CGE-GUI, qui rassemble les grands patrons de Guinée et œuvre pour la promotion du secteur privé, le dialogue social et le partenariat public-privé, a convié ses membres à une large concertation autour des questions du manque de cash. Autour de la table, plusieurs personnalités de premier plan : Ansoumane Kaba, Président du groupe Guiter et de la CGE-GUI ; Sidy Mohamed Chérif, Directeur général de la BCI, Président de l’APBI et vice-président de la CGE-GUI en charge des questions bancaires ; Louis Camara, fondateur de Kamsar Petroleum et vice-président en charges de l’hydrocarbure de la CGE-GUI et Ismaël Keïta, Vice-président de la CGE-GUI chargé du partenariat public-privé.
Sidy Mohamed Chérif a tenu d’emblée à rassurer : « Le secteur bancaire se porte bien. Il n’y a jamais eu de difficulté à payer un chèque, à honorer des engagements. Ce qui est en jeu, c’est un problème de circulation de la liquidité, pas un problème de solvabilité des banques. » Pour étayer son propos, il a livré des chiffres éloquents : en 2021, les ressources du secteur bancaire s’élevaient à de 21 000 milliards GNF. Au 31 décembre 2025, elles atteignent 74 000 milliards, soit plus du triple. Il a également précisé que les réserves obligatoires des banques s’élèvent aujourd’hui à plus de 8 750 milliards, démentant les rumeurs d’une utilisation de ces réserves pour financer des projets étatiques.
Louis Camara est revenu sur une rencontre récente avec le président de la République. Selon lui, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de sortir de cette crise en accélérant la transition vers les circuits de paiement numérique. « Le Président a été très clair : il faut multiplier les solutions de monnaie électronique, promouvoir les paiements digitaux, et encourager les sociétés de transfert d’argent à obtenir leurs licences auprès de la Banque centrale. C’est la voie d’avenir pour fluidifier les transactions et réduire la dépendance au cash », a-t-il déclaré.
Ansoumane Kaba, président de la CGEGUI, a insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue permanent entre l’État et le secteur privé. Il a rappelé que le patronat guinéen a toujours joué un rôle de courroie de transmission entre les autorités et les opérateurs économiques. Ismaël Keïta a plaidé pour une formalisation juridique des instructions présidentielles, notamment en ce qui concerne les relations entre l’administration fiscale et judiciaire et les banques : « Il faut sécuriser les acteurs. Il est temps de clarifier les règles du jeu », a-t-il souligné.
Le patronat joue sa partition
Cette concertation du patronat guinéen a permis de poser un diagnostic partagé : le système bancaire est solide, ses réserves sont abondantes, et les liquidités existent. Le problème tient à une circulation entravée du cash et à un décalage entre l’explosion de l’activité économique et les moyens de paiement disponibles. Avec des ressources bancaires passées de 21 000 à 74 000 milliards en quelques années, la Guinée dispose d’atouts considérables.
Les engagements pris par le président de la République en faveur de la monnaie électronique ouvrent la voie à des solutions. Avec une action coordonnée entre l’État, la BCRG et les acteurs privés, la crise du cash devrait être surmontée.






























