De retour d’une tournée, du Japon au Canada, Soul Bang’s est en Guinée pour un concert événement : « La Victoire » ! Le 4 octobre, la voix unique de Soul Bang’s s’apprête à faire vibrer le stade Petit Sory de Nongo . À quelques jours du show, Soul Bang’s nous parle de ses ambitions, les temps forts de sa carrière, et des pistes concrètes pour dynamiser la culture guinéenne. Une discussion inspirante, à l’initiative conjointe d’Ecofinance Guinée et du magazine Eco Business, affirmant le rôle de l’industrie culturelle comme levier essentiel du rayonnement du pays.
Par Habib Tapha Sylla
Votre concert aura lieu le 4 octobre 2025, au stade Petit Sory de Nongo. Quel est votre état d’esprit ? Et comment préparez-vous artistiquement et émotionnellement ce rendez-vous ?
Mon état d’esprit, c’est en victorieux. Cette victoire se définit par tout ce qui nous entoure, tout ce que nous arrivons à gagner, aussi peu que ce soit, qui est utile au cours de notre vie. Il faut célébrer tous les jours de sa vie. Artistiquement, Je suis serein, je suis bien encadré par mon équipe et ma famille, tout est en train de se mettre dans l’ordre. Une grande partie de mes musiciens sont à Abidjan et ont déjà commencé à travailler. Donner ce concert, au-delà du fait que ce soit une victoire, c’est aussi une façon pour nous d’écrire l’histoire. Ça va être du spectacle vibrant du début à la fin.

Soul Bang’s, à quelques jours de l’événement, quel message avez-vous envie de lancer à la Guinée ? Et le public aura droit à des surprises le soir du concert ?
Mon message à tous est simple : le 4 octobre au Stade Petit Sory de Nongo, ce concert, « La Victoire », est bien plus qu’un simple spectacle, c’est une célébration de notre culture, de notre musique, et de tout ce qui nous rassemble. Je veux que chaque personne présente ressente cette énergie positive, cette fierté, et reparte avec des étoiles plein les yeux.
Et oui, je vous le confirme : il y aura des surprises ! Je ne vous en dis pas plus, mais soyez certains que nous avons réservé le meilleur pour vous. Alors, ne tardez pas : allez chercher vos billets, venez en famille, entre amis, et préparons-nous à vibrer ensemble dans une bonne ambiance ! Ce soir-là, ce ne sera pas qu’un concert, ce sera notre victoire à tous.
D’où vient votre passion pour la musique et qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans ce domaine ?
Quand j’étais petit, je rêvais d’être militaire. Mais j’avais ce don pour la musique ; j’arrivais à interpréter tout ce qui sortait. Un jour, les amis de mon frère ont créé un groupe et m’ont demandé de faire le chant principal. On a enregistré en studio, et après, je leur ai dit de ne plus m’appeler, que je ne voulais pas être artiste. Mais à chaque fois qu’ils faisaient un show, les gens demandaient » elle est où la voix « . Ils sont revenus vers moi, et un jour, j’ai fait une apparition lors d’un show dans le quartier. C’est comme ça que j’ai commencé. Mon tout premier enregistrement solo, je l’ai fait en 2007.
Comment définiriez-vous votre style musical, entre afro-urbain, RnB, et sonorités traditionnelles guinéennes ?
Ma musique, c’est comme un pont qui existe entre l’ancienneté et la modernité, un pont entre les musiques de chez nous et des autres pays. Je veux que les gens voient que je fais appel à mes racines comme mon album « Cosmobite » sortie en 2017 qui est un genre de musique qui inspire au voyage, un retour aux racines tout en étant connecté au monde urbain de nos jours.

Quelle est votre principale source d’inspiration : votre environnement ou d’autres artistes ?
Je n’ai pas de limite en termes de thématique ou d’inspiration. Le seul endroit où je ne cherche pas à m’inspirer, c’est quand je suis en train de prier ou de me reposer. Tout est musique, tous les jours de la vie, tout peut se transformer en musique.
Depuis votre morceau « Amassen », un hymne en Guinée, vous avez enchaîné les succès. Par quoi s’explique cette réussite selon vous ?
C’est le travail fourni de plusieurs personnes autour de moi. Le monde de la musique aujourd’hui n’est pas que talent. Pour qu’un artiste quitte un point à un autre, il faut des personnes qui croient en toi, qui se mettent dans ton équipe. Avoir une équipe est crucial. De mon côté, je suis beaucoup dans la recherche artistique et je fais le maximum de rester moi-même.
Parlez-nous de votre prochain album intitulé « LA VICTOIRE », dont le premier chapitre contient 8 morceaux, notamment un feat avec Eddy Kenzo ?
Avec mon équipe, on a décidé de sortir l’album en chapitres. Le premier chapitre est déjà sorti avec des titres comme « Ma Khady », « Célébré », « Ayi Tougan »… Normalement, on devrait pouvoir sortir le deuxième chapitre, et même le troisième Incha’Allah .

Y a-t-il des artistes avec qui vous rêvez de collaborer ?
Mon plus grand rêve est de pouvoir faire un album avec ma femme pour nos 10 ans de mariage en 2026. J’ai aussi le rêve de réaliser un album avec tous les prix Découverte RFI. Sinon, je vous livre un scoop sur le chapitre 2 de « La Victoire », il y a une collaboration « All Star » avec des artistes guinéens comme Banlieuz’art, Lil Sacko, Anst’y crazy, One Time, Jupiter…
Selon vous, comment peut-on améliorer les revenus des artistes en Guinée ? S’il fallait recommander une réforme au ministre, laquelle serait-elle ?
La réforme clé serait la mutualisation des marchés ouest africains pour négocier collectivement avec les plateformes numériques. En regroupant les pays francophones (Guinée, Côte d’Ivoire, Mali, etc.), nous créerions un marché d’environ 100 millions de personnes, assez attractif pour que des acteurs comme YouTube ou Spotify y implantent leurs services et versent des revenus publicitaires aux artistes locaux. Sans cette masse critique, les artistes continueront à générer des vues sans en tirer de revenus significatifs.
Pour finir, quelques mots sur votre Fondation ?
Avec ma femme, nous avons la Fondation Soul Bangs-Manamba Kanté pour l’humanitaire. Nous scolarisons 100 enfants chaque année, cela fait 3 ans. D’ailleurs, je profite de votre interview pour lancer un appel à tous pour nous aider cette rentrée 2025, le 6 octobre. Mais cette année, nous avons comme projet avec les albums que nous sortons, nous vendrons des CD conjoints : un CD acheté = un enfant parrainé pour une année.































