Conakry s’apprête à accueillir du 1er au 3 mai 2026 à l’hôtel Kaloum la 4e édition du Week-end africain du droit minier et de l’énergie (WADME), un espace de réflexion sur les mutations du secteur entre exigences de sécurité juridique, transformations énergétiques et nouvelles dynamiques technologiques. À la veille de l’événement, le président du comité d’organisation Momoya Sylla revient sur les ambitions de cette édition, les dynamiques à l’œuvre et la participation de personnalités de premier plan dans un entretien accordé à la rédaction d’Écofinance.
Par Nanfadima Condé
La 4e édition du Week-end africain du droit minier et de l’énergie (WADME) se tient entre le 1 et 3 mai en Guinée. Pouvez-vous nous en rappeler l’esprit et les ambitions ?
Le WADME est né d’un constat simple : l’Afrique dispose d’importantes ressources minières et énergétiques, mais son expertise juridique et stratégique reste encore peu valorisée. L’objectif est de répondre à cette réalité en offrant un espace panafricain d’échanges, de formation et de partage entre décideurs publics, avocats, juristes, acteurs miniers et universitaires. Notre ambition est de faire de l’expertise africaine une référence dans la gestion des projets miniers et énergétiques sur le continent.
Cette année, quels sont les grands sujets de vos échanges ?
Nous avons choisi des sujets d’actualité structurés autour de trois grands axes : la sécurité juridique et la fiscalité, avec la conciliation entre potentiel géologique et stabilité du cadre légal ainsi que les stratégies d’exonérations fiscales ; les nouvelles tendances, notamment l’intelligence artificielle dans le travail des juristes, la régulation du marché régional de l’électricité et l’évolution des contrats d’achat d’énergie ; et enfin les enjeux socio-économiques, incluant l’exploitation minière artisanale, les contentieux du travail dans le secteur extractif et le rôle de la ZLECAF dans la protection des investissements.
On imagine que des personnalités de premier plan seront présentes, à quoi peut-on s’attendre en termes de participation cette année ?
Nous attendons des personnalités de haut niveau dont figurent notamment : Fatoumata Diarra, conseillère fiscale chez ALT Mali ; Cheick Ahmed Tidiane Bah, directeur des Impôts et Domaines du Sénégal ; Abdoul Karim Kabele Camara, vice-président Affaires gouvernementales chez Fortuna Mining en Côte d’Ivoire ; Yayé Diabaté, avocate au Barreau de Paris (Clyde & Co) ; Samy Doss, responsable conformité chez Glencore Afrique ; Karifa Condé, directeur général de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) ; Joseph Iroco, directeur juridique Mines à la Commission du Ghana ; Mohamed Lamine Touré, senior manager stratégie et transformation technologique chez EY en Guinée et bien d’autres encore. Cette diversité fera la richesse des échanges de la 4e du WADME.
Quel bilan tirez-vous des trois premières éditions ?
Depuis la première édition en avril 2023, le WADME s’est imposé comme un rendez-vous important pour les professionnels du secteur des mines et de l’énergie en Afrique. Chaque année, il réunit plus de 250 participants venus d’une vingtaine de pays, avec l’émergence de collaborations concrètes entre cabinets africains et internationaux. Nous sommes satisfaits du chemin parcouru mais nous comptons aller encore plus loin avec les prochaines éditions.
Comment percevez-vous l’influence de cet évènement sur les pratiques des acteurs miniers et énergétique en Guinée ?
La Guinée, acteur majeur des industries extractives, dispose d’un important potentiel minier et énergétique au monde. Accueillir le WADME à Conakry depuis sa création la place au cœur des débats continentaux sur les enjeux juridiques du secteur et renforce son image d’acteur crédible. L’événement contribue aussi au renforcement des capacités locales et bénéficie du soutien des autorités, qui y voient un levier pour attirer les investissements et défendre les intérêts du pays.
À l’aube des élections législatives, quelles réformes aimeriez-vous encourager auprès des autorités du secteur minier ?
Trois réformes prioritaires peuvent être mises en avant auprès des autorités : renforcer la sécurité juridique avec une application stable des codes miniers et pétroliers qui constitue un facteur clé d’investissement, consacrer l’expertise locale comme l’a rappelé un intervenant en 2023 en allant vers « une consécration légale du recours à l’expertise juridique africaine », et moderniser les cadres pour intégrer les énergies renouvelables, l’hydrogène et la mutualisation des infrastructures.
Enfin, quel message aimeriez-vous adresser aux participants et aux acteurs du secteur à l’approche de cette nouvelle édition ?
Je voudrais d’abord encore remercier les autorités guinéennes, ainsi que nos partenaires, sponsors et participants qui font du WADME un rendez-vous majeur du secteur en Afrique. Aux participants de cette 4e édition, je dis simplement : venez avec vos expériences et vos questions. Le WADME est un espace de partage et de mise en réseau pour tous.






























