L’Indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi à 131,1 points en juillet 2026, en hausse de 0,6 % sur un mois et de 1 % sur un an. Cette progression repose principalement sur les céréales, les huiles végétales et le sucre, tandis que la viande et les produits laitiers ont joué un rôle modérateur.
Les céréales sous pression des conditions climatiques et géopolitiques
L’indice des céréales a augmenté de 3,4 % sur un mois, à 113,8 points, et de 6,9 % sur un an. Le blé a particulièrement contribué à cette hausse, avec une progression de 5,8 % en juillet, dans un contexte marqué par les perturbations des exportations en mer Noire et les effets des vagues de chaleur sur les rendements de plusieurs grands pays producteurs.
Le maïs a également progressé de 3,6 %, sous l’effet des inquiétudes liées à la chaleur et à la sécheresse dans certaines zones agricoles américaines. À l’inverse, l’orge a reculé de 1,9 %, grâce à des perspectives de récoltes favorables en Australie et dans la région de la mer Noire. Les prix du riz sont, pour leur part, restés globalement stables.
Les huiles végétales atteignent un plus haut depuis 2022
L’indice des huiles végétales a bondi de 2 %, à 195,7 points, son niveau le plus élevé depuis juin 2022. La hausse des huiles de palme et de soja a largement compensé le recul des huiles de tournesol et de colza.
L’huile de palme bénéficie notamment d’une demande soutenue du secteur des biocarburants en Indonésie et de la remontée des cours du pétrole. Cette évolution illustre le rôle croissant des marchés de l’énergie dans la formation des prix agricoles.
Les cours de la viande et produits laitiers ont baissé
L’indice des prix de la viande a reculé de 2,8 % en juillet, à 127,7 points, enregistrant sa première baisse mensuelle de 2026. Le recul concerne la volaille, le porc et le bœuf, tandis que les prix de la viande ovine ont atteint un nouveau sommet, soutenus par une offre exportable limitée en Océanie.
Les produits laitiers poursuivent également leur baisse. Leur indice a diminué de 0,7 %, à 116,2 points, sous l’effet notamment du recul du lait en poudre et du beurre. La faiblesse de la demande chinoise et l’abondance des disponibilités exportables pèsent sur le marché. Seuls les prix du fromage ont progressé, de 1,7 %, soutenus par la contraction saisonnière de l’offre de lait en Europe.
Le sucre rebondit, mais reste moins cher qu’en 2025
L’indice du sucre a enregistré la plus forte progression mensuelle parmi les grandes catégories, avec une hausse de 5,6 %, à 95 points. Les inquiétudes concernant la chaleur et la sécheresse en Europe et les perspectives de production en Asie ont soutenu les cours.
Au Brésil, l’anticipation d’une demande accrue d’éthanol pourrait également réduire les volumes de canne disponibles pour la production de sucre. Toutefois, l’amélioration des conditions de récolte dans le Centre-Sud brésilien limite la pression haussière. Malgré son rebond mensuel, le sucre reste 8 % moins cher qu’un an auparavant.
Un marché mondial toujours marqué par l’incertitude
Les données de juillet montrent un marché alimentaire mondial partagé entre plusieurs forces. D’un côté, les aléas climatiques, les tensions géopolitiques et la demande énergétique alimentent les prix des céréales, des huiles et du sucre. De l’autre, l’abondance de certaines disponibilités, la faiblesse de la demande dans plusieurs grands marchés importateurs et l’intensification de la concurrence entre exportateurs limitent la hausse dans la viande et les produits laitiers.
Pour les économies fortement dépendantes des importations alimentaires, notamment les pays à faible marge budgétaire, l’évolution des céréales et des huiles végétales mérite une vigilance particulière. Une persistance des tensions climatiques ou géopolitiques pourrait rapidement renchérir les coûts d’importation et exercer une pression supplémentaire sur l’inflation alimentaire.
À ce stade, toutefois, le niveau de l’indice FAO reste nettement inférieur à son sommet de 2022. Le marché mondial n’est donc pas revenu à la situation de crise de cette période, mais les risques à la hausse se renforcent sur certains produits stratégiques.






























