Alors que la campagne agricole 2025 s’annonce cruciale pour de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, le Sénégal affiche ses ambitions en haussant son budget à 130 milliards de FCFA, soit une augmentation de 8 % par rapport à 2024. De l’autre côté de la frontière, la Guinée se montre plus modeste, avec une enveloppe annoncée d’environ 115 milliards de GNF, soit 7,7 milliards de FCFA – près 17 fois moins que son voisin sénégalais.
Par Nanfandima Condé
Avec ce financement renforcé, le gouvernement sénégalais entend moderniser son agriculture et accélérer la souveraineté alimentaire. Au programme, la subvention des intrants, le développement d’infrastructures agricoles, et surtout le lancement de l’initiative « Allo tracteur », destinée à démocratiser l’accès aux équipements motorisés. Une réponse directe aux défis liés à la culture de l’arachide, première culture d’exportation du pays.
En Guinée, le ministre guinéen de l’Agriculture et de l’Élevage Félix Lamah, a annoncé un budget de 115 milliards de GNF pour soutenir 2,5 millions de producteurs agricoles et un million d’éleveurs. Un effort conséquent sur le papier, mais qui, converti en FCFA, reste très limité face aux défis à relever.
Ce décalage entre ambitions affichées et moyens financiers alloués soulève une question centrale : peut-on réellement transformer le secteur agricole guinéen avec un budget aussi restreint ?
Alors que l’insécurité alimentaire progresse sur le continent et que les chaînes d’approvisionnement restent fragiles, les choix budgétaires en matière agricole prennent une dimension cruciale.
Faut-il investir massivement aujourd’hui pour garantir l’autonomie alimentaire de demain ?
Ou continuer à avancer par petits pas dans un secteur pourtant vital pour la majorité des populations ?
La réponse, plus que jamais, se trouve dans les priorités politiques que chaque pays est prêt à se donner.































