La Guinée a exporté 182 827 543 tonnes de bauxite en 2025, en hausse de 25 % sur un an, selon les données du ministère des Mines et de la Géologie, conservant pour la troisième année consécutive sa place de premier exportateur mondial.
Par Nanfadima Condé
Cette performance est largement portée par la Société minière de Boké (SMB), qui a expédié 71 520 908 tonnes de bauxite, en hausse de 30 % sur un an, représentant 39 % des exportations nationales. Chalco a également enregistré une progression de +53 % tandis que la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG) s’est hissée au 3e rang, avec une hausse d’environ +89 % de ses exportations, devançant l’Alliance guinéenne de bauxite, d’alumine et d’aluminium (AGB2A/SDM).
Selon les données compilées par Eco Finance Guinée à partir des statistiques mensuelles de l’INS, les exportations de bauxite ont généré 6 667,2 milliards GNF de recettes en 2025, soit environ 763 millions USD. La Chine demeure le principal débouché, absorbant en moyenne 91,4 % des volumes exportés sur l’année.
Cette performance s’inscrit dans la stratégie de la Guinée visant à passer d’un modèle d’exportation brute de bauxite vers une captation accrue de valeur ajoutée à travers la transformation locale.
Dans ce cadre, le pays a lancé la construction de deux raffineries d’alumine à Boké en 2025. La première est portée par State power investment corporation (SPIC), la seconde par Winning consortium alumina Guinea (WCAG), filiale de la SMB, avec une mise en service prévue pour 2028, selon les autorités minières. Chaque unité devrait afficher une capacité de 1,2 million de tonnes par an, pouvant générer 12 600 emplois directs et plusieurs milliers d’emplois indirects.
Cette montée en puissance intervient alors que la demande mondiale d’aluminium progresse, portée par les véhicules électriques, les infrastructures énergétiques, la construction et l’emballage. Selon Skilling, les prix pourraient atteindre 4 000 USD la tonne d’ici 2030, puis 4 500 USD en 2040.
À l’échelle nationale, ces raffineries devraient contribuer à stabiliser et accroître les recettes de l’État grâce à la fiscalité industrielle et aux exportations à valeur ajoutée.
Des défis structurants à maîtriser pour sécuriser la montée en puissance
Malgré les efforts déjà consentis par l’Etat, plusieurs défis restent à relever pour assurer le succès de ces projets, comme garantir une électricité fiable, sécuriser l’approvisionnement en intrants et pièces critiques, et optimiser les corridors logistiques et les ports en eau profonde. La montée en compétences de la main-d’œuvre locale et l’adoption de procédés moins carbonés seront également essentielles pour maintenir la compétitivité. Pour finir, la stabilité du cadre fiscal et douanier reste un levier clé pour maximiser les retombées économiques.






























