Pour la première fois de son histoire, la Guinée vient d’obtenir une note souveraine attribuée par l’agence américaine Standard & Poor’s. Classée B+ à long terme et B à court terme, assortie d’une perspective stable, le pays franchit une étape décisive dans la structuration de son économie et sa visibilité financière internationale.
Par Nanfadima Condé
Cette évaluation, rendue publique le 18 septembre 2025, positionne la Guinée dans la catégorie des pays à risque élevé mais disposant d’une capacité de remboursement jugée « adéquate ». Selon S&P, cette note reflète les atouts du pays notamment une croissance soutenue par l’exploitation minière et une discipline budgétaire en progrès. Toutefois, l’institution souligne ses fragilités persistantes, telles que la dépendance aux matières premières qui représentent environ 90 % des recettes totales en devises, les limites d’infrastructures et un environnement institutionnel encore fragile.
Par ailleurs, l’agence a noté qu’un récent exercice de recalcule du PIB suggère que l’économie guinéenne pourrait être 40 % à 50 % plus importante que les estimations actuelles, bien que ces chiffres n’aient pas encore été intégrés à la notation.
Également, le rapport met en lumière un autre point positif : la dette publique, relativement modeste, avoisinait 44 % du PIB fin 2024. Selon l’institution, elle devrait légèrement reculer pour atteindre 40 % du PIB d’ici 2028, portée par une forte croissance nominale. De même, le déficit budgétaire est attendu en baisse, pour se stabiliser légèrement en dessous de 3 % du PIB sur la période 2025-2028.
Sur le plan extérieur, les déficits courants devraient s’atténuer grâce à la montée en puissance des exportations. Outre le projet Simandou, l’augmentation de la production de bauxite, d’or et les nouvelles capacités de raffinage devraient redessiner le profil économique du pays.
La notation intervient peu après les premiers essais d’extraction du minerai de fer, en présence du président du Comité stratégique du projet Simandou, Djiba Diakité, et du ministre des Mines, Bouna Sylla, soulignant le rôle central du secteur minier dans la trajectoire économique de la Guinée.






























