Les Nations Unies a été officiellement saisi le 21 novembre à Paris pour enquêter sur l’enlèvement de deux enfants d’Elie Kamano, d’après les avocats du célèbre chanteur de reggae guinéen.
Par Mohamed Barry
Les faits remontent dans la nuit du 15 à 16 novembre, lorsque ses deux enfants mineurs auraient été enlevés à Conakry par des hommes armés, présumés être des éléments des forces de sécurité.
Cette procédure internationale, initiée par ses avocats, viserait à localiser le lieu de détention des enfants et exercer une pression sur la junte militaire au pouvoir.
Elie Kamano, un artiste engagé, devenu une cible ?
Elie Kamano, incarne un revirement de l’histoire récente guinéenne. Artiste de reggae engagé, il avait initialement accueilli avec espoir l’arrivée au pouvoir de Mamadi Doumbouya en septembre 2021. Cependant, déçu par la dérive de l’entourage du président de la Transition, il est progressivement devenu l’un de ses critiques les plus virulents en produisant des titres qui ont été virales sur les réseaux sociaux (RS) tel qu’Ali Baba et les 40 voleurs, etc. Depuis, il s’est mué en un militant actif contre la junte.
Toutefois, depuis son exil, Kamano dénonce à travers ses pages RS l’enlèvement de sa famille comme une tactique d’intimidation. « On ne peut pas reprocher à mes enfants des actes que je pose », et demanderait au général Mamadi Doumboya de lui rendre ces enfants tout en lançant un « appel à la justice internationale ».
Un climat de peur qui s’installe à l’aube des présidentielles
L’affaire Kamano s’inscrit dans une inquiétante série de disparitions qui crée un profond malaise à Conakry. Récemment, un journaliste guinéen a alerté sur la disparition de son père âgé de 75 ans. Ces cas, alimentent l’angoisse de certains habitants. « Quand on enlève des vieux de 75 ans et des jeunes qui n’ont rien à voir avec la politique, c’est toute la population qui se sent menacée », témoigne Mamadou, un habitant du quartier de Ratoma.
Face à cette situation, le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a directement interpellé les autorités guinéennes, les exhortant à « prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le retour des enfants d’Elie Kamano ».
Alors que le pays s’achemine vers une période de débat public sur la gestion des quatre ans de la transition dans cette période d’élection présidentielle, ces disparitions créent un climat de peur et jettent une ombre menaçante sur la gestion de l’après transition par les militaires.





























