Les perturbations autour du détroit d’Ormuz poussent New Delhi à revoir sa stratégie d’approvisionnement en urée. L’Égypte, l’Algérie et le Nigeria renforcent leur présence sur le marché indien, dans un mouvement qui pourrait durablement modifier les flux mondiaux d’engrais.
L’Égypte a livré 609 000 tonnes d’urée à l’Inde, entre avril et juin 2026, devant l’Algérie avec 245 000 tonnes et le Nigeria avec 244 000 tonnes. La Géorgie a également expédié 211 000 tonnes. À eux quatre, ces fournisseurs ont représenté 52 % des importations indiennes du trimestre.
Cette progression traduit surtout la volonté de New Delhi de réduire son exposition au Golfe, jusque-là une source majeure d’urée et d’engrais phosphatés. Les perturbations autour d’Ormuz ont renchéri le fret et compliqué les calendriers de livraison, accélérant la recherche de fournisseurs alternatifs.
Le mouvement était déjà engagé. En mars, les autorités indiennes avaient identifié l’Égypte, l’Algérie, le Maroc et le Togo parmi les producteurs africains susceptibles de renforcer les approvisionnements. La Russie, Oman, la Malaisie, la Turquie et le Vietnam figurent également parmi les marchés sollicités.
Malgré 33 usines et une capacité nationale de 26,9 millions de tonnes, l’Inde reste dépendante des importations pour couvrir ses besoins. Pour New Delhi, l’enjeu n’est donc plus seulement de sécuriser des volumes, mais de multiplier les origines afin d’éviter qu’une crise dans une seule région ne déstabilise toute la chaîne d’approvisionnement.
Pour les producteurs africains, cette recomposition constitue une opportunité stratégique. Si les tensions autour d’Ormuz se prolongent, les achats indiens pourraient s’inscrire dans la durée et faire de l’Afrique un fournisseur de plus en plus important de l’un des principaux marchés mondiaux de l’urée.






























