Les marchés énergétiques mondiaux s’affolent face à l’escalade militaire au Moyen-Orient. Le pétrole bondit de plus de 10 %, tandis que le gaz européen atteint des sommets, alimenté par des craintes croissantes sur l’approvisionnement.
Les cours du pétrole ont fortement progressé jeudi après une frappe israélienne visant une installation gazière majeure en Iran, déclenchant une riposte et ravivant les tensions dans le Golfe. Le baril de Brent, référence du marché mondial, a grimpé de près de 10 %, atteignant 118,03 dollars, après avoir brièvement dépassé ce seuil. De son côté, le West Texas Intermediate (WTI) évoluait également en hausse.
Cette flambée s’explique par les inquiétudes liées à une possible extension du conflit. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont notamment menacé d’intensifier les attaques contre les infrastructures énergétiques de la région.
Dans la foulée, les marchés gaziers ont été fortement impactés. Les contrats à terme sur le gaz naturel européen ont bondi d’environ 25 %, dépassant les 68 euros par MWh, un niveau inédit depuis plus de trois ans.
Sur le terrain, l’Iran a lancé des frappes de missiles contre la ville industrielle de Ras Laffan, au Qatar, qui abrite la plus grande installation d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cette attaque s’inscrit dans une série de représailles après la frappe israélienne sur le champ gazier de South Pars.
Les perturbations se sont étendues à d’autres pays du Golfe. À Abou Dhabi, les opérations sur le site gazier de Habshan ont été suspendues après la chute de débris de missiles interceptés. Par ailleurs, des installations de GNL à Bahreïn auraient été touchées par d’importantes frappes.
La situation est d’autant plus critique que le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des flux mondiaux de GNL, est fortement perturbé depuis le début du conflit. Cette crise survient à l’approche de la période de stockage en Europe, alors que les réserves affichent déjà un déficit d’environ 15 points de pourcentage par rapport à la moyenne des cinq dernières années, après un hiver particulièrement rigoureux.






























