Le 18 septembre 2026, le président Mamadi Doumbouya a signé le décret lançant officiellement le premier Recensement général des entreprises (RGE-1) de Guinée. Cette opération économique a démarré le 24 septembre dans la commune de Matam, où se trouve le marché Madina, et elle se déploie désormais progressivement dans l’ensemble des régions du pays. Pour chaque entreprise exerçant en Guinée, il ne s’agit pas d’une simple formalité administrative, mais d’une opportunité stratégique de se faire voir, reconnaître et soutenir.
Combien d’entreprises compte la Guinée ? Où sont-elles situées ? Combien de personnes emploient-elles ? Ces questions fondamentales n’ont longtemps pas eu de réponse précise. Le directeur général de l’Institut national de la statistique, Makan Doumouya, résume la difficulté d’une formule : « Si vous ne connaissez pas le nombre, vous ne pouvez pas gérer. » Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma, a révélé un chiffre préoccupant, le taux de mortalité des entreprises guinéennes atteindrait environ 75 %. Autrement dit, sur quatre nouvelles entreprises, trois ne survivent pas. L’absence de connaissance systématique de la réalité des entreprises est précisément l’une des raisons pour lesquelles il est difficile d’apporter des réponses adaptées.
Ce que le recensement va apporter
Conformément au décret présidentiel, le RGE-1 poursuit cinq objectifs principaux. Il s’agit de recenser et géolocaliser toutes les entreprises, de constituer un répertoire national des entreprises, d’évaluer l’emploi et le chiffre d’affaires réels des trois dernières années, de recueillir l’avis des chefs d’entreprise sur le climat des affaires et de fournir une base actualisée pour la comptabilité nationale.
Pour un chef d’entreprise, cela signifie une chance d’être enfin visible. Votre entreprise figurera officiellement sur la carte économique nationale et servira de référence pour l’élaboration des politiques et la répartition des ressources. Les données collectées serviront directement à déterminer où investir, quels secteurs soutenir et quelles infrastructures développer. Les institutions financières internationales et les partenaires au développement s’appuieront également sur ces données pour décider quelles entreprises et quels secteurs accompagner.
Mieux encore, le recensement permettra de savoir combien de boulangeries existent dans une ville, combien d’entreprises opèrent dans un secteur donné et quelles sont leurs spécialités. Cette photographie précise du tissu économique ouvre une opportunité concrète pour les entreprises, car elle permet de mieux formuler leurs offres, d’identifier les segments porteurs et, en définitive, de développer leur chiffre d’affaires.
De Madina aux régions, une dynamique bien engagée
Le 24 septembre, le recensement a démarré dans la commune de Matam, avec 16 zones de recensement déployées simultanément. À l’échelle nationale, près de 1 000 enquêteurs formés couvrent actuellement huit régions administratives en deux mois : Conakry, Kindia, Boké, Mamou, Labé, Kankan, Faranah et Nzérékoré.
Comme l’a rappelé le représentant de la chambre de commerce locale, cette commune constitue « le poumon de l’économie guinéenne ». Le recensement suit une progression claire : Matam, puis les autres communes de Conakry, puis l’ensemble des régions, avec une collecte des données qui devrait s’achever avant fin novembre 2026.
Pourquoi les entreprises doivent ouvrir leurs portes aux recenseurs
La réussite du recensement dépend de la coopération des entreprises. La qualité des données repose entièrement sur la volonté des chefs d’entreprise d’ouvrir leurs portes et de répondre avec sincérité.
Le ministre du Plan et de la Coopération, Ismaël Nabé, a tenu à faire une mise au point « Le RGE-1 n’est pas un outil de contrôle, mais un outil de connaissance. Ce n’est pas un outil de jugement, mais un outil de planification. » Cette précision vise à dissiper la crainte que le recensement ne soit assimilé à un contrôle fiscal.
En participant, elles gagnent en visibilité, en crédibilité et en capacité à formuler des offres adaptées à un marché mieux connu. Dans le contexte de Simandou 2040, ce répertoire national deviendra la première référence pour l’État, les partenaires internationaux et les grands porteurs de projets à la recherche de partenaires.






























