Rarement un sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) n’avait été aussi chargé de tension diplomatique. Réunis à La Haye les 24 et 25 juin 2025, les 32 membres de l’Alliance atlantique ont tenté de démontrer leur unité face aux multiples crises internationales — Ukraine, Iran, Gaza — tout en composant avec l’imprévisibilité du président américain Donald Trump.
Face à Donald Trump, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, a misé sur une stratégie de séduction et de concessions pour préserver l’unité de l’Alliance. Résultat : un accord inédit sur une hausse des dépenses militaires et une implication maintenue mais conditionnelle des États-Unis. À la veille du sommet, il a salué les frappes américaines contre l’Iran comme étant « vraiment extraordinaires, ce que personne d’autre n’avait osé faire ». Il a ajouté : « L’Europe va payer un prix ÉNORME, et ce sera votre victoire », utilisant les majuscules chères à Trump. Ce dernier a partagé ces messages sur Truth Social, les qualifiant de « grande victoire ».
Le sommet s’est conclu sur un engagement inédit depuis la guerre froide : porter les dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035, contre 2 % jusqu’ici. Trump a salué cet accord comme un succès personnel : « sans les États-Unis, l’OTAN ne fonctionnerait pas… Maintenant, ils respectent ce que j’ai exigé ».
Sur l’Ukraine, Trump s’est montré vague : « Nous les soutenons totalement, mais les Européens doivent prendre les devants. » Il a aussi semé le doute sur l’article 5 de l’Alliance, affirmant que « cela dépend de votre définition ».
Malgré les critiques internes, Mark Rutte est parvenu à préserver l’essentiel : maintenir l’engagement américain au sein de l’OTAN, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et des tensions au Moyen-Orient.































