Réunis à Bruxelles le 26 juin 2025, les 27 dirigeants européens ont tenté de faire front commun sur la défense, l’Ukraine et le Moyen-Orient. Mais les divergences internes, notamment sur l’adhésion de Kyiv et le conflit à Gaza, ont mis en évidence une Europe à plusieurs vitesses.
Alors que le Conseil européen a signé une déclaration appelant à augmenter massivement les dépenses de défense et à « mieux investir ensemble », les discussions ont rapidement buté sur des sujets sensibles. L’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne reste bloquée par la Hongrie, qui refuse catégoriquement toute avancée. Viktor Orban a rappelé « qu’intégrer l’Ukraine, c’est intégrer la guerre », soutenant sa position par un référendum à faible participation mais au résultat largement hostile à Kyiv.
Présent en visioconférence, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis en garde contre un « précédent mondial » en cas de retards prolongés. Mais faute d’unanimité, les conclusions du Conseil ont été adoptées sans la Hongrie, dans un format à 26. Le processus d’adhésion reste suspendu à l’évolution de cette impasse politique.
Sur le front des sanctions contre la Russie, le 18e paquet visant les combustibles fossiles reste en suspens. La Slovaquie, dépendante du gaz russe, freine les négociations. Son premier ministre Robert Fico n’a donné aucun feu vert, contraignant l’UE à reporter sa décision.
Lors du déjeuner de travail, la situation au Moyen-Orient a aussi montré les fractures. Le président français Emmanuel Macron a exprimé sa crainte de voir l’Iran sortir du traité de non-prolifération, après les frappes israélo-américaines. Il a consulté plusieurs partenaires, dont Donald Trump, pour tenter d’éviter une escalade.
Mais c’est Gaza qui a cristallisé les tensions. Le docteur Graeme Groom, de retour de mission à Rafah, a livré un témoignage bouleversant, dénonçant les violations massives du droit humanitaire. Un rapport interne de la Commission européenne estime qu’Israël a violé l’article 2 de son accord d’association avec l’UE. Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez a évoqué un « génocide » et plaidé pour une suspension de l’accord. Soutenu par l’Irlande, il s’est heurté au refus catégorique de l’Allemagne, de l’Italie et de la Hongrie. Berlin insiste sur une approche « équilibrée ».
La déclaration israélienne jugeant que Madrid est du « mauvais côté de l’histoire » a déclenché une riposte diplomatique immédiate : le chargé d’affaires israélien a été convoqué à Madrid.
Enfin, les droits de douane américains ont clos la journée. Le sursis tarifaire accordé par Donald Trump expire en juillet. Ursula von der Leyen, en négociation avec Washington, a présenté une nouvelle mouture des propositions américaines. Emmanuel Macron a réclamé un accord rapide mais « pas à n’importe quel prix », tandis que l’Allemagne semble prête à accepter un compromis partiel.
Un sommet révélateur des lignes de fracture au sein de l’Union, face à des enjeux de plus en plus mondiaux.































