À l’occasion de la 47e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, les ministres des Affaires étrangères des États membres se sont retrouvés à Malabo les 10 et 11 juillet 2025 pour aborder des questions cruciales liées à la justice réparatrice, au financement de l’organisation et à l’intégration régionale du continent.
Placée sous le thème « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par le biais de réparations », la session a marqué une volonté de l’Union africaine (UA) de revendiquer une mémoire historique tout en posant les jalons d’un avenir plus autonome et solidaire.
L’un des points forts de cette session a été l’annonce d’une augmentation de la contribution des États membres au budget-programme de l’Union, qui passe de 9,4 % en 2025 à 12,7 % pour l’exercice 2026. « Le budget programme reste financé à plus de 77 % par les partenaires internationaux. Les États membres financent toutefois 100 % du budget de fonctionnement », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’UA. Bien que cette progression soit saluée, elle reste loin des ambitions d’autonomie financière affichées depuis plusieurs années par l’Union africaine.
Adoptée en 2016 à Kigali, la taxe de 0,2 % sur les importations devait permettre de réduire la dépendance de l’UA à l’aide extérieure. Pourtant, seuls 17 États membres ont à ce jour mis en œuvre ce mécanisme, illustrant les résistances persistantes à une solidarité budgétaire à l’échelle du continent.
Ce retard freine les projets phares de l’Union, notamment dans les domaines de la paix, de la sécurité et de l’intégration économique.
Les discussions ont aussi porté sur des sujets stratégiques notamment l’accélération de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine), la clarification des rôles entre l’UA, les Communautés économiques régionales (CER) et les États membres, ainsi que la redynamisation de l’Agenda 2063, la feuille de route pour un continent intégré, prospère et en paix.
Enfin, une conviction partagée : l’Afrique doit renforcer son indépendance financière pour mieux défendre ses intérêts sur la scène mondiale, et pour ce faire, la volonté politique devra aller au-delà des discours.































