La Russie renforce son ancrage économique sur le continent africain. En 2023, les échanges commerciaux entre Moscou et les pays africains ont atteint 24,5 milliards USD, soit une hausse de 37% par rapport à 2022, selon le vice-ministre russe du Développement économique.
La progression est le résultat d’une recomposition des alliances. Plusieurs États africains, comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso ou encore la Centrafrique, ont réduit ou rompu leur coopération avec la France, en raison d’un sentiment croissant d’ingérence. À l’inverse, la Russie apparaît pour beaucoup comme un partenaire « respectueux de la souveraineté ».
Depuis le sommet de Sotchi en 2019, confirmé par celui de Saint-Pétersbourg en 2023, le Kremlin multiplie les gestes d’ouverture vers l’Afrique. Ces dernières années, cette stratégie s’est accompagnée d’un discours mettant en cause les logiques « néocoloniales » des anciennes puissances coloniales.
En France, certains responsables politiques appellent à une remise en question. Interrogé par Africa24, Bruno Fuchs, président de la Commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale, reconnaît des erreurs : « La France doit repenser sa stratégie avec l’Afrique, notamment vis-à-vis des pays francophones. Il faut sortir de certains réflexes postcoloniaux, clarifier la politique des visas, et surtout écouter davantage les partenaires africains. »
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de rééquilibrage international, accentué par la guerre en Ukraine et les recompositions diplomatiques qui en découlent. Si la Russie gagne du terrain, la question reste entière : ces nouveaux partenariats aboutiront ils à un développement durable et à une véritable indépendance économique pour les pays concernés ?































