Suite à la révision de son Produit intérieur brut (PIB) en juin 2025, qui affiche +51,2 % (INS) et porté par le projet Simandou, la Guinée a été noté B+/B par l’agence Standard & Poor’s. Une note qui affirme la crédibilité financière du pays sur la scène internationale mais qui lui impose désormais une discipline financière stricte.
Par Nanfadima Condé
Attribuée le 18 septembre 2025 par l’agence Standard & Poor’s (S&P global), la note B+ à long terme et B à court terme, assortie d’une perspective stable, classe la Guinée parmi les économies à risque élevé, mais disposant d’une capacité de remboursement jugée adéquate porté par son secteur minier. Elle ouvre de nouvelles opportunités pour le pays, notamment un accès de facilité de crédit aux marchés financiers internationaux à des taux d’intérêts raisonnables qui permettrait à la Guinée de faire un bond dans son développement. Cette note stimule également la visibilité du pays auprès des investisseurs internationaux.
La note B+/B : un challenge de rigueur pour la Guinée
Si cette note est une excellente nouvelle pour la Guinée, elle constitue une étape décisive, symbolisant l’entrée du pays dans un régime de discipline économique internationale et de bonne gouvernance. Pour maintenir le B+, le gouvernement devra renforcer la transparence dans la gestion des ressources et avoir une rigueur budgétaire. Désormais, « Chaque choix budgétaire, chaque arbitrage de politique publique sera scruté et pèsera directement sur le coût de financement de l’État et la crédibilité du pays », souligne David Touré, ancien secrétaire générale adjoint de la CGE-GUI et représentant pays du groupe Engik. L’enjeu est clair pour le gouvernement : consolider la note et, à terme, gravir les échelons, ou voir la réputation économique du pays s’éroder.
Toutefois, si l’attribution de B+ à la Guinée est perçue comme une bonne nouvelle, certains analystes craignent que les levées de fonds ouvriraient la voie à l’endettement. Or, dans une économie en construction, la dette n’est pas un mal en soi : elle peut devenir un levier de croissance lorsqu’elle finance des infrastructures productives, développe le capital humain et stimule l’innovation. À l’inverse, une mauvaise gestion notamment, des allocations improductives, des détournements ou un manque de transparence pourraient transformer cet atout en fardeau, fragilisant les investissements futurs.
Rappelons que ce bond du PIB est dû à l’adoption du Système de comptabilité nationale de 2008 et le rebasage de l’année de référence mené par l’Institut national de la statistique, en collaboration avec les partenaires internationaux. Ce travail technique, a permis d’aligner les données macro-économiques de la Guinée sur la réalité de son économie.






























