Depuis plusieurs semaines, des tensions sociales secouent la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). A l’issue de l’assemblée générale du vendredi 23 mai 2025 tenue à son siège, la section syndicale de la BCRG a annoncé une grève générale et illimitée à partir du mardi 27 mai 2025.
Par Ibrahima Traoré
Cette annonce résulte du non avancement des négociations entre les travailleurs et la direction générale de la BCRG. Elles portaient essentiellement sur les conditions de travail, les droits syndicaux et l’amélioration des salaires.
« On a déposé une plateforme revendicative au titre de cette année. Elle comprend deux parties dont les préalables et les points à négocier. Les préalables à la négociation concernent essentiellement les acquis que la direction a confisqué. Il y’a également d’autres points à négocier », a indiqué Issa Keïta, membre du bureau syndical.
L’impact de cette grève sur l’économie nationale
Selon le communiqué N°006, la section syndicale insiste sur le respect du mot d’ordre de grève aussi bien qu’au siège que dans les agences de la BCRG. Elle demande au personnel de rester vigilant, mobilisé et solidaire jusqu’à la « satisfaction effective des revendications légitimes ».
Une telle grève au sein de la BCRG qui est une première dans son histoire, pourraient avoir des répercussions sur l’économie nationale. Bien au-delà du retard dans les opérations interbancaires, les perturbations des flux monétaires, la fuite des capitaux… la stabilité de la première institution financière du pays est essentielle pour instaurer la confiance des investisseurs, le bon fonctionnement des marchés financiers et la sécurité économique de la Guinée.
Un manque de liquidité sur le marché monétaire
Des scandales financiers notamment la disparition de plusieurs tonnes d’or et l’attaque d’un convoi privé transportant 21 milliards de GNF auraient secoué la BCRG ces derniers temps.
Malgré la mise en circulation des nouvelles séries des billets de 20 000 GNF dans un premier temps, puis de 10 000 GNF dans un second temps, des agents économiques se plaignent d’un manque de liquidité au sein des institutions bancaires. « Quand on dépose un chèque dans une banque pour faire un retrait des gros montants par exemple, cela peut prendre des jours ou voir une semaine », dit un cambiste du marché niger de Kaloum. Cette situation est également confirmée par certains agents de la BCRG qui accuseraient le gouverneur Karamo Kaba, de « mauvaise gestion ».
Il serait donc important pour les autorités de la BCRG d’instaurer une politique monétaire visant à répondre aux besoins des agents économiques en vue d’assurer une croissance économique durable tout en maitrisant l’inflation.































