La Guinée franchit une nouvelle étape dans la préparation de son futur Fonds souverain. Le 9 septembre, à Conakry, le gouvernement a réuni les principales administrations économiques et financières, les partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants du secteur privé pour restituer les travaux préparatoires consacrés à la création de cette institution. Il s’inscrit dans la vision du président de la République, Mamadi Doumbouya, de mieux valoriser les revenus issus des ressources naturelles.
Autour du Premier ministre Amadou Oury Bah et de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, la rencontre a notamment réuni le ministre du Plan, Ismaël Nabé, le ministre secrétaire général de la Présidence, Amara Camara, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Karamo Kaba, ainsi que de nombreux responsables publics et acteurs du secteur privé. Le FMI, la Banque mondiale et d’autres partenaires techniques et financiers ont également pris part aux travaux.
Avec Simandou et les revenus attendus de l’exploitation de la bauxite et d’autres ressources minières, les recettes pourraient atteindre 2,6 à 4 milliards de dollars selon les estimations présentées dans le cadre des travaux. Dans ce contexte, une question devient centrale : comment convertir une richesse issue de ressources épuisables en un actif capable de produire des bénéfices pour l’économie guinéenne sur le long terme ?
C’est dans cette logique que le futur Fonds souverain est conçu comme un dispositif institutionnel et financier destiné à gérer les revenus provenant des ressources naturelles et à en transformer une partie en patrimoine financier durable. Il s’agit de déterminer comment les utiliser, les investir et en préserver une fraction, afin d’éviter qu’une hausse temporaire des recettes minières ne se traduise principalement par une augmentation ponctuelle des dépenses publiques.

Trois fonctions, un même objectif
Le futur fonds, qui devrait être doté de 3,1 milliards de dollars, reposera sur trois fonctions :
La première consiste à financer le développement, à travers des investissements dans des secteurs jugés structurants pour l’économie, notamment la santé, l’éducation, les infrastructures productives et l’agro-industrie.
La deuxième est une fonction de stabilisation budgétaire. L’objectif est de disposer d’un mécanisme permettant d’amortir les effets de chocs extérieurs, notamment une baisse des cours des matières premières ou un recul des recettes minières.
La troisième, et probablement la plus importante sur le long terme, concerne l’épargne intergénérationnelle afin que les générations futures puissent continuer à en bénéficier lorsque ces ressources auront diminué. Une démarche qui rejoint le principe défendu par le Premier ministre Amadou Oury Bah : « Chaque revenu tiré de ressources épuisables devra contribuer à l’édification d’un patrimoine durable. »
Le chef du gouvernement a également appelé à une gestion transparente, avec une information publique régulière et un contrôle institutionnel effectif.
Pour les trois grandes missions, une allocation des ressources a déjà été proposée, laissant encore apparaître des marges d’arbitrage. Une orientation, exprimée lors des travaux du 31 août, ramène la part destinée au développement à 50 %, contre 25 % pour la stabilisation et 25 % pour l’épargne intergénérationnelle. Ces clés restent provisoires ; le choix définitif dépendra notamment de la capacité d’absorption de l’économie.
Toutefois, ces clés ne constituent pas une décision arrêtée, mais des orientations issues des travaux préparatoires
À travers ce fonds, La Guinée se donne aujourd’hui une chance rare, celle de transformer une richesse minière temporaire en héritage durable pour les générations futures.






























