Ils font rire, mais derrière l’humour se cache une vraie détermination. Mansour, MicMac et Danger incarnent cette nouvelle génération qui donne un nouveau souffle à la scène humoristique guinéenne. Pourtant, le chemin est semé d’obstacles : manque de structures, absence de maisons de production, soutiens ponctuels et concurrence avec des artistes venus de l’extérieur. Malgré ces difficultés, ils continuent de créer, de produire et de faire sourire leur public, portés par une ambition sans faille. Notre rédaction est allée à leur rencontre pour comprendre leur univers, leurs défis et leur vision pour l’avenir de l’humour guinéen.
Par Mariame Condé
Vous faites partie de cette nouvelle génération qui donne un souffle à l’humour guinéen. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’emprunter cette voie artistique ?
Pour nous, c’est venu naturellement. Au début, nous n’y accordions pas encore toute l’importance, mais avec le temps, l’amour et la passion pour ce métier nous ont permis de nous imposer.
Qu’est-ce qui rend votre humour unique ?
Ce qui rend notre humour original, c’est qu’il reste profondément ancré dans nos réalités locales. Notre objectif principal, c’est de donner le sourire aux gens, ici en Guinée comme à l’international. Mais au-delà du rire, nous cherchons toujours à faire passer un message fort à travers nos sketches, que ce soit des conseils, de l’éducation ou des réflexions sur des réalités importantes. Nous avons su personnaliser ce que nous faisons et le présenter d’une manière qui parle à tout le monde, tout en restant authentique.
Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels vous faites face ?
Notre principal défi, c’est surtout le manque de moyens et de structure. On n’a pas de maison de production, donc on se débrouille nous-mêmes pour produire nos contenus, avec nos propres moyens. Souvent, on sent aussi qu’il y a plus d’intérêt pour ceux qui viennent de l’extérieur que pour les talents locaux, et ce n’est pas toujours évident pour nous. Concernant le soutien, il y a des personnes qui nous encouragent, même parfois au niveau des autorités, mais ça reste ponctuel. Malgré tout, on n’attend pas qu’on nous soutienne pour travailler. On croit en ce qu’on fait, et on donne le maximum avec les moyens qu’on a.

Selon vous, que manque-t-il aujourd’hui pour que l’humour devienne un véritable levier culturel et économique en Guinée ?
Pour que l’humour devienne un véritable levier en Guinée, il faudrait déjà plus d’équité dans les opportunités. Aujourd’hui, on a souvent l’impression que beaucoup de choses se font de manière sélective, notamment en ce qui concerne le sponsoring ou certaines collaborations. Nous, aujourd’hui, on arrive à se produire, à être présents sur des événements, mais avec un meilleur accès aux partenaires et aux financements, on peut aller encore plus loin. Il est également important que les artistes puissent évoluer librement, sans se sentir obligés de s’aligner ou de dépendre de certaines personnalités pour avancer. En Guinée, il y a du talent et du potentiel. Avec plus de structuration et un meilleur accès aux opportunités, l’humour peut vraiment devenir un secteur important, aussi bien culturellement qu’économiquement.
Est-ce qu’il y a une ambition pour vous de voir l’humour guinéen s’imposer sur de grandes scènes internationales ?
C’est même une ambition naturelle pour nous : porter haut les couleurs du pays et de voir notre drapeau rayonner à l’international, sur des scènes comme le Parlement du Rire.
Si demain vous disposez des moyens et des structures nécessaires, à quoi ressemblerait votre carrière idéale dans 5 ou 10 ans ?
Dans 5 à 10 ans, on se voit évoluer à un très haut niveau, avec des productions solides et une présence sur de grandes scènes, en Afrique comme à l’international.





























