Le 20 février, le Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah s’est rendu à Siguiri, à la tête d’une délégation gouvernementale, alors que la ville aurifère est secouée depuis plusieurs mois par une contestation croissante liée à l’exploitation semi-mécanisée de l’or. Une visite sous tension, provoquée par la colère d’une population qui dénonce la dégradation accélérée de son environnement.

Dans cette préfecture de la Haute-Guinée, l’usage intensif des machines Poclain laisse derrière lui des terres impropres à l’agriculture, des points d’eau asséchés et un écosystème fragilisé. « Après le passage d’une machine, on ne peut plus rien faire sur la zone », confie une habitante de Doko. Pour beaucoup, l’or s’apparente désormais à une richesse qui appauvrit.

Pourtant, des arrêtés encadrant l’exploitation artisanale et mécanisée ont été signés en 2024 par le ministre des Mines. Sur le terrain, leur application reste largement contestée. L’écart entre les textes et la réalité alimente le sentiment d’abandon et ravive le spectre d’une malédiction des ressources.
La présence du Chef du gouvernement, accompagné notamment des ministres en charge des Mines et de l’Environnement, est perçue comme un signal politique fort. Mais à Siguiri, l’attente dépasse les discours : les populations exigent un contrôle effectif des exploitations, des sanctions contre les abus et une protection durable de leurs terres. Sans mesures concrètes, la tension pourrait continuer de monter dans cette région stratégique pour l’économie nationale.






























