Guinea Alumina Corporation (GAC), filiale d’Emirates Global Aluminium (EGA), a annoncé le 9 juillet 2025 que l’Etat guinéen a résilié l’accord de base qui les liait depuis 2004. Cet accord portait notamment sur l’exploitation de la bauxite et prévoyait la construction d’une raffinerie en Guinée.
Vingt ans après la signature de cette convention, aucune raffinerie n’a vu le jour. La Guinée reproche au groupe Emirati de n’avoir pas respecté cet engagement malgré l’exportation continue du minerai vers les Emirats. En octobre 2024, l’Etat avait suspendu les activités de GAC. Le président Mamadi Doumbouya avait alors justifié la décision par le non-respect des engagements sur la transformation locale du minerai.
Une tentative de compromis rejetée
Face à cette suspension, EGA avait tenté de négocier un compromis en proposant un appui budgétaire d’un milliard GNF, selon le ministre du Budget Facinet Sylla, devant le Conseil national de la transition (CNT). Une offre jugée insuffisante pour faire changer d’avis le gouvernement.
Des défis évoqués par EGA
Plutôt que de construire une raffinerie sur place, le groupe a préféré poursuivre l’exportation de la matière brute. Le groupe justifie ce choix par de « nombreux défis économiques, techniques et environnementaux >> qui rendraient difficile la mise en œuvre de projet en Guinée.
Parallèlement, la société chinoise State Power Investment Corporation (SPIC) a lancé, en mars 2025, la construction d’une raffinerie d’alumine à Boffa, dans la région de Boké. D’une capacité de production estimée à 1,2 million de tonnes d’alumine par an, cette usine devrait être livrée fin 2027, pour une mise en exploitation en juin 2028.
La résiliation de l’accord avec GAC marque un tournant décisif dans la politique minière guinéenne car elle traduit la volonté des autorités de passer à un modèle d’exportations brute à une transformation locale des ressources.































