Longtemps pourvoyeur d’emplois et pilier industriel, le secteur textile nigérian tente de se relever. En 2024, il n’a généré que 47,4 millions USD d’exportations, loin du potentiel espéré. Malgré de multiples initiatives du gouvernement, les défis persistent.
Au Nigeria, les exportations sont largement dominées par le pétrole brut, représentant 82,5 % des ventes à l’international au troisième trimestre 2023. Face à cette dépendance, les autorités cherchent à diversifier l’économie. L’une des pistes identifiées est le secteur du textile, historiquement important mais aujourd’hui en difficulté.
Le 26 avril dernier, le Conseil économique national (NEC) a approuvé la création d’un Conseil de développement du coton, du textile et de l’habillement, censé stimuler les capacités locales, réduire les importations et positionner le pays comme acteur compétitif sur la scène internationale. Un chantier ambitieux, alors que les importations de textile ont atteint 726,18 milliards de nairas en 2024, soit une hausse de +298 % par rapport à 2020. Mais la réalité du terrain contraste avec cette volonté politique. « Ce secteur embauchait beaucoup. Aujourd’hui, avec le coût de production et l’absence de patronage, l’industrie s’est effondrée », explique Abdullahi Yusuf, comptable chez Tofa-textile, une des rares structures encore actives.
En soutien à cette dynamique, un programme fédéral, conçu en partenariat avec le Comité consultatif international du coton (ICAC), prévoit la création de 1,4 million d’emplois annuels dans toute la chaîne de valeur : culture, tissage, transformation. Il s’inscrit dans la stratégie industrielle du président Bola Ahmed Tinubu.
Malgré ces efforts, les chiffres restent modestes : les exportations de textiles et d’articles connexes ont rapporté environ 47,4 millions USD en 2024, à un taux de change moyen. Un montant jugé très inférieur au potentiel réel du secteur.
Les causes du déclin sont entre autres, les infrastructures obsolètes, une fiscalité dissuasive, l’absence d’aides ciblées. À cela s’ajoute la concurrence des produits importés, souvent moins chers et parfois issus de la contrebande.
Pour inverser la tendance, les experts plaident pour une politique plus volontariste, notamment le protectionnisme ciblé, la modernisation des unités industrielles, la relance de la filière coton et le contrôle renforcé des frontières. Selon les projections de la plateforme Statista, le marché nigérian de l’habillement pourrait atteindre 10 milliards USD dès 2025, avec une croissance moyenne de 7,23 % jusqu’en 2029.
Encore faut-il que les ambitions politiques se traduisent en mesures concrètes pour redonner au textile nigérian sa place dans l’économie nationale.































